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Au-delà des divisions

Au-delà des divisions



Personne ne doute que l’opposition est une force sociale qui aimante, comme des particules de limailles de fer, ceux et celles qui luttent pour la conquête du pouvoir afin de corriger les politiques qui ne concourent pas au bien-être de la population. Ce caractère missionnaire de l’opposition devait, en principe, garantir sa légitimité et son utilité.

La fin de l’année 2019 n’a pas été facile pour l’opposition haïtienne. Les partis qui la composent, même en ayant été d’accord de soutenir et de maintenir le chaud mouvement du pays lock initié fin septembre, n’ont pas caché les dissensions, de toute manière évidente, entre eux quand il fallait accorder une trêve, formuler les contenus des différents accords et participer au dialogue de la Nonciature. La population, victime de cette confusion entre acteurs anti-pouvoir, avait choisi de bouder la lutte, critiquant vertement l’opposition pour sa stratégie mystérieuse qui a fait plus de tort aux simples citoyens qu’au pouvoir en place.

L’opposition, qui avait réussi à s’unifier autour du projet de mise à pied du président Jovenel Moïse, n’a pas su tenir ses vieux démons enchainés. Certains leaders capables de mobiliser le gros des militants ont choisi, sans l’admettre en des termes clairs, de ne pas cautionner les intentions, les errements et les tactiques des autres. En pareille circonstance, les désaccords, les refus de s’aligner sont toujours perçus comme des actes de sabotage et d’affaiblissement du mouvement. Malgré les lignes de fracture béantes, l’esprit du combat de l’opposition a toujours été respecté même par ceux accusés de traitrise et les transfuges du camp du pouvoir par conviction ou par malice. Puis sont venus l’enterrement trop facile du Parlement, la fédération des gangs, la pandémie, le confinement, la préparation du temps électoral et la mise en attente.

La récente sortie publique de l’ancien sénateur du Nord et ancien président de l’Assemblée nationale, Kelly C. Bastien, lève un autre paradoxe. Comme la colère et l’orgueil ne rendent jamais service à la clarté du discours, on essaie de comprendre que le dialogue politique, tenté au début de l'année ( janvier 2020) à la Nonciature apostolique, ne garantissait pas une position commune au sein de l’opposition. Kelly C. Bastien dénonce une campagne « d’assassinat de caractère » orchestré par ses « camarades de combat » pour avoir maintenu des contacts afin de discuter de la crise avec les représentants du parti au pouvoir que l’opposition a toujours refusé de légitimer. Réagissant à la méprise, la « victime » Bastien a demandé des explications en interne jusqu’à s’expliquer publiquement en ces termes : « Devant le refus quasi catégorique de mes camarades de combat d'élucider la question, dans un ultime élan de transcendance, j'assume, par la présente, la double responsabilité morale de rendre justice à la vérité et de tirer la révérence pour ne pas sacrifier mon engagement altruiste sur l'autel des intérêts peu catholiques ».

Dans cette médiocre et obscure querelle entre « camarades de combat », la courtoisie de la réponse n’exclut pas la réplique radicale. « Toute personne qui prendrait le risque politique de trahir la ligne du Secteur démocratique et populaire sera purement et simplement mise à la porte!
Le combat continue ! »

Parlons net. Y a-t-il une lutte pour le contrôle et la domination de l’opposition par un ou plusieurs des partis qui la composent ? Est-ce une manière habile de l’opposition pour mieux exister de faire croire qu’elle se nourrit de divisions?

Quoi qu’il en soit, l’opposition, en s'entêtant à considérer l'effet pour la cause, diminue sa capacité à travailler sur de grandes décisions politiques. Et, il en faut, quand même !

Jean-Euphèle Milcé




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