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Du sang neuf

Du sang neuf



Le vent de la division souffle fort au sein de l'opposition politique. Cette discorde est symptomatique de la grave crise qui secoue le pays à tous les niveaux et dans toutes les sphères de la société. Cette classe politique, à défaut de pouvoir offrir une vraie alternative à la Nation, préfère se donner en spectacle où des « hommes et femmes politiques » s'entredéchirent alors qu'ils prétendent combattre un ennemi commun. Celles et ceux qui se réclament de l'opposition, de nos jours, doivent penser à se réinviter. Cette crise multidimensionnelle qui traverse le pays ne peut être résolue à travers des attaques avilissantes dans les médias.

En Haïti, la politique est une jungle où tous les coups, perfas et nefas, sont permis juste pour assurer la survie. Les responsables politiques en Haïti ont encouragé une très mauvaise perception de la politique dans la pratique où elle ressemble plus à un jeu de coquin qu'à toute autre chose. Alors que, de nos jours, les sciences politiques sont enseignées dans les universités, elle ( la politique) est soumise à un corpus théorique et méthodologique ainsi que d'autres principes. En cette période de crise qui bouleverse toutes les institutions, y compris les partis politiques, l'esprit scientifique devrait commander les responsables politiques dans leurs agissements. En le faisant, ils rendraient beaucoup plus de service à la nation au lieu de l'exposer à des spectacles hideux.

La dernière mise en scène orchestrée par deux membres de l'opposition, deux anciens parlementaires ( Edmonde Supplice Beauzile et Jean Charles Moise), en dit long sur la gravité de la crise au sein de l'opposition. La présidente de la Fusion a voulu, dit-elle, déconstruire l'homme du Nord qui est, à son avis, un leader faux qui accepte de faire le jeu du pouvoir en place. En réplique, l'ancien sénateur Moise Jean Charles a minimisé ces déclarations portées contre sa personne, arguant que ses pairs de l'opposition n'ont plus d'avenir sur l'échiquier politique. À qui donc profite cette échauffourée à un moment où l'opposition est très affaiblie? S'agit-il déjà d'un combat pré-électoral entre potentiels concurrents?
Ces sorties inopportunes sont loin de servir la cause de cette opposition politique minée par une crise de confiance. La classe politique n'inspire plus de confiance. Elle est décrédibilisée. En plus, aucune alternative n'est clairement définie. À gauche comme à droite, le pays se cherche encore.

Et les erreurs commises par les hommes de l'opposition semblent rendre la tâche encore plus compliquée. En octobre 2019, à un moment pareil, l'opposition était en position de force et pouvait tirer son épingle du jeu, si elle était mieux organisée. Mais, la lutte pour le leadership du mouvement ne les avait pas permis de conjuguer leurs efforts autour d'un objectif commun. Cette situation a facilité, aujourd'hui, le pullulement d'un ensemble de nouveaux partis et/ou mouvements politiques qui prétendent pouvoir apporter du sang neuf dans l'arène politique encore dominée par les vieux démons.

À ce carrefour, la classe politique devrait se réinventer après un examen approfondi. Une auto-évaluation de leur part serait bienvenue pour identifier les vrais freins qui empêchent l'aboutissement de leur lutte d'une part, et la raison pour laquelle elle se fait toujours damer le pion dans les élections par des outsiders méconnus dans le champ politique, d’autre part. Sinon, l’opposition doit faire le dépôt de bilan de ses échecs et laisser l'échiquier à du sang neuf. C'est-à-dire de nouvelles figures crédibles, compétentes, nationalistes et politiquement vierges.

Noclès Débréus




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