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Rapport de …faiblesse !

Rapport de …faiblesse !



Le président Jovenel Moïse dans sa dernière adresse à la nation a beaucoup parlé d’unité nationale et de l’impérieuse nécessité d’une nouvelle Constitution. On peut dire que le pays tout entier est déjà convaincu qu’il nous faut une « nouvelle République », mais tout le problème réside dans les mécanismes à mettre en place pour réaliser ces changements.

Le pays s’est enfermé dans des crises à répétition, en raison de l’accumulation de confusions constitutionnelles, d’amendements légaux et/ou para légaux, tout un arsenal de textes contestés qui font que les acteurs politiques ne savent plus sur quel pied danser.

Le président a encore une fois parlé de consensus, mais personne dans l’opposition officielle ne semble convaincu de cet appel, qui encore une fois a été rejeté. La crise de confiance est à son comble, et l’on voit difficilement la situation se débloquer, si un effort de dépassement n’est fait dans un camp comme dans l’autre.

Le gouvernement a raté plusieurs moments dans le cadre du dialogue national. L’administration Moise-Céant qui était la plus proche d’obtenir quelques résultats a été finalement torpillée dans sa démarche en raison d’une sordide lutte d’influence entre le Palais et la Primature. Depuis, il est devenu de plus en plus difficile de faire redémarrer la machine des discussions en vue d’un apaisement social et politique.

Dans son dernier discours, le président a affirmé discuter avec des opposants « farouches », personne ne sait cependant l’identité de ces femmes et hommes qui se sont attablés pour discuter de la conjoncture des six prochains mois. On peut comprendre que de discrètes négociations soient plus habiles en ces temps de bruit et de fureur, mais beaucoup se disent que c’est trop beau pour être vrai, dans un pays où l’âpreté des combats l’emporte toujours sur toute tentative d’entente cordiale.

Toujours est-il que le président ne parle pas à son ombre. Et qu’il rencontre régulièrement des personnalités de différents secteurs alarmés par la crise, et les décrets qui sont uniquement le fait du prince.

On raconte, dans le landerneau politique, que des personnalités influentes, qui ont joué par le passé un rôle dans le pouvoir ou l’opposition, feraient partie de ces pourparlers. Cet aréopage de politiques influents s’est peu à peu constitué sous la baguette de la communauté internationale, un chef d’orchestre habitué des concerts aux instruments dissonants.

Quoiqu’il en soit, d’autres groupes politiques et pas des moindres, pensent que pour arrêter les dérives actuelles, il faut à un moment ou à un autre un accord politique. Des pressions sont faites sur les parties prenantes de la crise pour arriver à une solution hybride, une sortie du chaos par la porte étroite d’ultimes négociations, avec des partenaires plus souples dans leur approche générale de la situation.

Entretemps, le président a modifié légèrement le temps politique en évoquant la mise au point d’une nouvelle charte, avant les élections. Ce discours annonce de grandes manœuvres qui pourraient engendrer la formation d’un nouveau gouvernement et le retrait du Conseil électoral actuel. Il n’est que d’attendre, tant la conjoncture est boueuse et mouvante.

La réalité est d’autant plus changeante qu’aucune des parties n’a la force pour faire bouger l’autre. Les faiblesses de l’État ne sont plus à démontrer sur les questions de sécurité ; aujourd’hui les gens sont réduits à lancer des appels sur les réseaux sociaux pour compléter des sommes à remettre aux ravisseurs d’un proche. Chaque jour dans nos rues se déroulent un ballet infernal de motards suspects comme dans une tragique chorégraphie prélude à un enlèvement. D’un autre côté, l’opposition impuissante continue d’occuper nerveusement les avenues d’une République chaotique.

Les appels à l’unité doivent se matérialiser autour de propositions concrètes. Une fraction de l’opposition étale ses divisions, ce qui met de l’eau au moulin d’un État tenté de faire cavalier seul. Mais le cavalier sait qu’il tient les brides d’un cheval rétif sur une voie parsemée de ronces et d’épines.

Il n’existe donc pas de chemin plus assuré que celui d’un accord politique.

Roody Edmé




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