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Une population accablée

Une population accablée



Autour de la Journée internationale des droits de l’homme, la lutte, véritable chimère des derniers temps, contre la corruption et l’insécurité a apporté son lot de déclarations, de célébrations et de manifestations populaires. Mais, quelque chose de malsain fait de l’ombre à cette profusion de prises de conscience : les citoyens ordinaires, ceux de la majorité silencieuse, se résignent au fait de vivre dans une démocratie grippée.

Tragiquement, la facilité avec laquelle les ressources de l’État sont frauduleusement captées et l’arrogance des kidnappeurs dans leur mode opératoire participent à la démoralisation de celles et ceux qui s’accrochent, par envie ou par nécessité, à un pays qui devient de plus en plus dangereux pour ces habitants et ses visiteurs.

Il ne s’agit pas, malheureusement, de perception ou d’humeurs personnelles. Les entraves et accrocs à la démocratie sont des réalités auxquelles nous devons faire face. Or, pour que la démocratie fonctionne, les citoyens doivent être mis en confiance par le système et ses acteurs. Ce n’est pas un hasard si la corruption, qui a laissé le stade de pratique en sourdine, et la terreur imposée par les gangs ruinent les espoirs de progrès, de paix et de dignité de tout un peuple.

Il est, bien entendu, de bon ton de proclamer des réformes, d’acter des décisions, de promettre des interventions et de menacer, mais – il faudra l’admettre – l’étau de la criminalité refuse de se desserrer.

Actuellement, le doute est permis quant à la volonté et à la capacité du peuple haïtien de s’unir pour résister et exiger que son droit à la vie soit respecté. Pour différentes raisons, que l’on aura du mal à justifier, les gens se terrent dans leurs jérémiades, expriment leurs peurs par réseaux virtuels interposés pendant que des groupes criminels sèment la mort et la désolation.

En cette Journée internationale des droits de l’homme, les Haïtiens devraient se rappeler que le combat pour la jouissance totale de leurs droits doit être mené avec détermination et vigueur. La « marche pour la vie » organisée ce 10 décembre par plusieurs personnalités et institutions de la société civile est l’expression du ras-le-bol. Quelques milliers de personnes, parmi lesquelles des militants des droits de l’homme connus et respectés, ont défilé pacifiquement, deux heures durant, à Port-au-Prince. Il est trop tôt pour savoir si les autorités se décideront, enfin, à déblayer les ruines de cette violence aveugle pour juger les coupables, rendre justice aux victimes et protéger la population. Et, ironie cruelle, dans un mépris ultime de la vie, pendant la « marche pour la vie » du 10 décembre, plusieurs personnes ont été enlevées à Port-au-Prince.

Et, comble de l’humiliation, la justice haïtienne est toujours prise de vitesse –ou recadrée – par des agences étrangères. Hier, la FIFA dans le cas concernant les frasques de l’ex-président de la Fédération haïtienne de football et aujourd’hui le département du Trésor américain qui vient de sanctionner trois Haïtiens coupables de crimes contre la population. En réalité, la chute n’a pas de limite.

Jean-Euphèle Milcé




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