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La deuxième vague

La deuxième vague



On peut concéder au peuple haïtien le mérite de se donner toutes les raisons, même les plus dangereuses, pour ne pas céder à la panique. Une manière de se réfugier dans le déni en s’appuyant sur des impressions et des croyances chimériques. Les Haïtiens, dans leur grande majorité, ne se contentent pas d’admettre que la pandémie due au Coronavirus finira par disparaître, ils continuent de croire, malgré les chiffres des autorités sanitaires repris partout et dans la presse particulièrement, que le virus ne circule pas en Haïti.

Entre-temps, ailleurs, une nouvelle montée exponentielle de cas de contamination et de décès fait mousser les inquiétudes. Selon le bilan publié le 16 décembre 2020 aux États-Unis, la pandémie a occasionné 3710 décès et plus de 238 358 infectés en moins de 24 heures. Pourtant en Haïti, comme l’a si bien décrit Jacqueline Charles, dans un article du Miami Herald : « ils agissent comme si le COVID-19 n’existait pas. Le port du masque est une exception et non la norme; les groupes jouent devant des foules à guichets fermés; et le carnaval, la fête de rue de trois jours encourageant la débauche avant Carême est de retour en février. »

Logiquement, on ne peut que se réjouir de la létalité quasi insignifiante des effets de la pandémie en Haïti. En mars 2020, tout le monde tremblait, s’attendant à une hécatombe pire que celle provoquée par le séisme du 12 janvier, dix ans auparavant. Et, cette peur n’était pas infondée, car avec notre système de santé défaillant, la promiscuité inévitable dans les marchés publics et dans le transport en commun ainsi que l’incivisme légendaire de la population, le pire était plus qu’envisageable.

Et, la première vague est passée, défiant les pronostics, ridiculisant au passage quelques considérations « hautement scientifiques » et surtout forçant les autorités à imposer des mesures sanitaires et débloquer des fonds pour doter le pays d’une capacité de réponse, même sommaire. Puis, la suite, c’est de l’histoire récente. Tout le monde la connaît. Le miracle qui a épargné le pays de la première vague a renforcé le sentiment d’invincibilité de l’Haïtien. Mieux et plus fort que celui de la résilience.

Mais rien, pas même une étude rabâchée, n’est venue confirmer la supposée et troublante résistance des Haïtiens face à la Covid-19. Personne ne craint, comme au mois de mars, que la situation sanitaire échappe aux autorités. Les messages de prévention ont quasiment disparu. Les points publics de lavage de mains ont disparu. Les écoles, les églises fonctionnent. Les masques sont tombés. Le peuple fait la fête et danse par principe. Pour preuve, les possibilités de « serrer-coller » dans les bals pour les Fêtes de fin d’année sont infinies. Même la pègre y trouve son compte.

Toutefois, rien ne justifie que le pays et ses autorités méprisent cette deuxième vague du Coronavirus en oubliant de prendre des mesures capables de contenir la propagation du virus. Il est nécessaire de se tourner vers la prudence en gardant la population informée de l’évolution de la pandémie et des risques qu’elle encourt. C’est peut-être la manière, sans sombrer dans la paranoïa, de mieux gérer la menace pour les jours à venir.

Jean-Euphèle Milcé




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