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Les Américains et nous

Les Américains et nous



Le monde est fou et tant de fois surprenant. C’est un privilège d’être en vie assez longtemps pour pouvoir s’en rendre compte. Une personnalité politique de premier plan en Occident, président de la République « gendarme du monde » vient, sans complexe, se dresser en démenti formidable à la démocratie dogmatique américaine, inusable produit d’exportation des Etats-Unis d’Amérique.

Personne n’aurait cru qu’en plein 21e siècle, un coup d’État serait une alternative viable à une crise électorale aux États-Unis. D’Haïti étant, les commentaires suscités par la prise d’assaut du Capitole par les partisans déchainés de Donald Trump se sont beaucoup rapprochés de l’ironie. Comme s’il était de bon ton de se réjouir des déboires de nos voisins, prendre sa revanche parce que le « shithole country », maladroitement lâché par M. Trump pour parler d’Haïti et d’autres pays, nous était resté en travers de la gorge. En même temps, il est nécessaire de rappeler, et disons-le nettement, que les institutions américaines n’ont pas pris du temps pour trouver une issue satisfaisante et honorable. Elles ont tenu et ont fait la démonstration de la préséance des règles sur la tentative de coup de force de beaucoup d’Américains, si blancs et suprématistes soient-ils.

La démocratie américaine n’est pas un mythe et Donald Trump, avec l’insuccès de sa stratégie originale de lutte contre le défaitisme, ne peut pas affirmer le contraire. Cet épisode historique dans la vie politique américaine et dans le monde doit servir d’avertissement à tous ceux qui pensent encore qu’il suffit d’être ambitieux, intransigeant et « winner » pour asservir le monde et le mettre à leur service. Mike Pence, vice-président et pion loyal à M. Trump, a joué son rôle conformément à la Constitution américaine ; et la victoire de Joe Biden aux élections présidentielles, a été confirmée peu de temps après, malgré les tweets, les ordres et les pressions du président sortant.

Il nous appartient, en Haïti, de questionner la solidité et la résilience de nos institutions. L’essentiel est de comprendre que le plaisir de se réjouir du malheur américain n’excuse nullement nos déboires. Aucun militant haïtien ne pensera, pour exprimer son désaccord, à investir le Parlement haïtien puisqu’il n’est plus l’outil républicain et le lieu où sont engagés des débats relatifs à la gestion ponctuelle des affaires et à l’avenir de la République. C’est de bonne guerre d’accabler les Etats-Unis d’Amérique, mais le minimum de lucidité exigerait qu’on réfléchisse à tout ce qu’on ne fait pas et tout ce qu’on n’a jamais fait pour juguler la crise haïtienne qui tend à devenir permanente.

Haïti, il ne faut jamais l’oublier, est le paradis de la fumisterie. Dans quelques jours, qu’on le désire ou non, le souvenir des centaines de milliers de victimes du tragique séisme du 12 janvier 2010 nous effleurera. Et, ce sera l’aune pour mesurer l’ampleur de notre effondrement. Si cérémonie il y aura, ce sera pour contempler le vide et avaler la poussière du site de Saint-Christophe.

Si des Américains se déchaînent sur les résultats d’une élection qu’ils estiment suspecte, nous, on tarde à trouver le compromis nécessaire pour faire pays.

Jean-Euphèle Milcé




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