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La pédagogie de la grandeur !

La pédagogie de la grandeur !



Douze mois après le séisme du 12 janvier 2010, c’était autour du marché en fer que le grand rendez-vous dans la capitale haïtienne était donné pour parler de reconstruction, même symboliquement.

Dans le même sens, on pourrait parler de l’inauguration du campus universitaire de Limonade, dans le nord du pays, qui s’inscrit dans la liste des initiatives ambitieuses et d’envergure venant d’instances étrangères. Il s’agit d’un cadeau offert au peuple haïtien, qui doit véritablement se projeter dans une quête de grandeur !

Dix ans déjà, depuis la série des manifestations de commémoration du dernier grand drame en date en Haïti. Même dans l’impossible plan de reconstruction de la République, on pourrait compter les quelques réalisations, constructions et cérémonies d’inauguration qui doivent servir de référence aux générations actuelles et futures, pour parler de réveil collectif ou de relèvement du peuple, trop longtemps à genoux, à ramasser des miettes et à applaudir des petits projets…

Des morts continuent de s’indigner dans ce pays où leur mémoire est orpheline entre les parois étroites des tombeaux. N’en parlons pas pour les milliers de cadavres enfuis dans les nombreuses fosses communes, à la suite des catastrophes humaines et naturelles, en quête d’un monument pour leur servir de reposoir, et des grandes réalisations pour refléter leurs images dans le miroir et la mémoire collective.

Dans les écoles et les universités en Haïti, il nous faut développer cette forme de pédagogie de la grandeur pour les jeunes qui vont assurer la relève dans les années à venir. Pendant trop longtemps, pratiquement depuis le célèbre et triste crime d’octobre 1806, la nation haïtienne a perdu pratiquement tous ses repères de grandeur.

Du bref passage du président Estimé, et quelques fragments du régime de Duvalier et d’Aristide, on retient quelques tentatives de manifestation de grandeur dans les faits et les symboles. Plus que jamais, nous devons reconnaître que nos illustres morts méritent mieux que des fleurs et des discours, lors de ces cérémonies très importantes qui vont, pendant longtemps, hachurer les pages de l’histoire contemporaine.

Les monuments certes importants. Les 300 000 morts du séisme, et surtout les vivants, et les survivants de ce drame méritent mieux que des fleurs.

De la nécessité d’inscrire la pédagogie de la grandeur dans la liste des critères pour choisir à l’avenir nos dirigeants, et surtout dans le vocabulaire que ces derniers devraient utiliser pour illustrer leurs actions pratiques et des réalisations ambitieuses, pour ainsi mieux rattraper l’héritage des Pères de la patrie, mais également pour relever le niveau du discours dans le concert des Nations.

De la dimension utilitaire, esthétique et symbolique qui doit accompagner chaque geste d’État, chaque décision institutionnelle ou mesure administrative, il y a urgence de réinventer la grandeur de cette nation. Haïti mérite mieux que des fleurs, pour panser les blessures du séisme et la chair de nos chers disparus !

Définissons ensemble, les bases de cette pédagogie de grandeur indispensable, que chaque Haïtien et Haïtienne devrait trouver dans les prochains discours et les inaugurations qui vont s’inscrire à l’avenir dans l’agenda de nos autorités, sur les autoroutes de la modernité.

Dominique Domerçant




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