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Covid et pauvreté chez nous !

Covid et pauvreté chez nous !



Jusqu’à preuve du contraire, les risques sanitaires liés à la propagation du Coronavirus en Haïti sont considérables, et la population, obligée de composer avec sa presqu’irréversible vulnérabilité, joue à sauter sans parachute, incapable d’appliquer le minimum, soit le principe de précaution. Il devient, en effet, de plus en plus difficile et improbable d’insérer la notion de risque dans le quotidien de la population.

Les voix des responsables sanitaires sont à peine audibles, au point qu’on peut se demander si en 2021, malgré l’augmentation importante des cas de contamination en Haïti, les acteurs n’ont pas choisi de remballer leurs stratégies, cassant du coup toutes les dynamiques institutionnelles de lutte contre la propagation massive de la Covid-19. Les inquiétudes exprimées la semaine dernière par le ministère de la Santé publique et de la Population, qui est chargé, entre autres, du contrôle et de la surveillance de la pandémie en Haïti, sont légitimes et mériteraient d’être mieux prises en considération.

Le Premier ministre, réagissant à la note du ministère de la Santé publique, n’a pas, pour ainsi dire, évacué totalement la question d’État d’urgence sanitaire. Il s’agit vraisemblablement d’un parti pris réfléchi afin de peser le pour et le contre, tout en évitant de fragiliser davantage l’économie haïtienne. Pour un dirigeant politique, l’intuition est aussi une arme de première importance à chaque fois qu’il faut prendre une décision cruciale.

Il ne fait pas de doute que la pauvreté n’est pas un bon allié dans la lutte contre la Covid-19. Déjà que les pays plus ou moins riches ou assimilés ont du mal à juguler la contraction de leur économie, en Haïti, pays pauvre parmi les plus pauvres, la chute des revenus, même pour le secteur informel, peut conduire à l’impensable d’autant que le pays ne peut pas compter sur la solidarité internationale. La Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), par exemple, est convaincue que les États les plus pauvres devraient connaître « la pire performance de ces trente dernières années avec, en moyenne, une contraction de leur produit intérieur brut (PIB) de 0,4 % ».

Ceci n’empêche que la population haïtienne est non seulement exposée, sans aucune protection, à la pandémie, mais qu’elle se réfugie dans une forme de déni qui complique encore plus la situation. L’organisation sociale de notre pays, ses faiblesses, y compris la part importante réservée au commerce informel, ne permet pas d’envisager l’application de la distanciation physique ni le recours au télétravail et au téléenseignement.

Quoiqu’il arrive, il sera très difficile d’empêcher à une personne contaminée en Haïti d’exposer les autres membres de la population au virus. Les écoles qui fonctionnent, les marchés publics sans contrôle, le transport en commun désorganisé, les manifestations de rue et les rassemblements festifs de la période carnavalesque ne peuvent pas aider à contenir la propagation de la maladie.

L’ennui est qu’il ne suffit pas de croire à la résistance (inexplicable) de l’Haïtien au virus. Le ministère de la Santé publique et de la Population a raison de tirer la sonnette d’alarme. Une bonne décision serait, pour le moins, la bienvenue.

Jean-Euphèle Milcé




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