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Haïti, entre la fin de Toussaint et le fil du Rwanda

Haïti, entre la fin de Toussaint et le fil du Rwanda



Il existe ces dates symboliques qui reviennent chaque année avec de nouvelles dimensions et des instructions tant politiques que populaires, susceptibles de nous aider à préparer l’avenir. Le 7 avril 2021 coïncide, d’une part, avec la mort du précurseur de l’Indépendance d’Haïti, le général Toussaint Dominique Louverture, d’autre part, avec la Journée mondiale de la santé, et enfin avec le génocide du Rwanda.

Nous avons mille raisons de nous pencher sur l’anniversaire de la mort de Toussaint Dominique Louverture au Fort de Joux, le 7 avril 1802, en France, qui sera rattrapé par l’inauguration du Musée du Panthéon national haïtien (MUPANAH), le 7 avril 1983. Le dernier musée public créé, depuis, par les autorités haïtiennes.

De la mort de Toussaint Louverture à nos jours, Haïti est en panne d’un grand stratège de la trempe de ce génie militaire et fin géopoliticien. Il manque au peuple haïtien un tel personnage, indispensable dans le contexte de la géopolitique actuelle. L’intelligence politique ou l’excellence diplomatique, pour plus d’un, ne sont pas au rendez-vous dans les négociations au sommet, qui maintiennent pratiquement le pays à genoux. Un sombre destin qui se confirme par l’incapacité de nos élites à définir un agenda politique pour le pays. On cherche, dans tous les sens, l’essence et la motivation qui doivent placer les intérêts des uns et des autres au second plan, au profit des priorités de la nation.

Il est un fait que plus de deux siècles après la disparition de Toussaint Louverture, le pays n’a pas encore trouvé la formule pour fabriquer les hommes et femmes d’État capables d’être les matériaux indispensables au renouveau national tant souhaité.

Le 7 avril est également consacré à la célébration de la Journée mondiale de la santé. En cette période de pandémie, on ne peut pas s’empêcher de questionner la résistance sanitaire ou de la résilience génétique, jusqu’ici confirmée au sein du peuple haïtien face au Coronavirus qui fait pourtant bien des dégâts irréparables dans le monde.

Dans l’attente de trouver les réponses scientifiquement prouvées à même d’expliquer cette forme de bouclier sanitaire naturel dans un pays qui ne dispose pas des services sanitaires de base, Haïti reste un cas d’étude intéressant à faire valoir lors des prochaines éditions de la Journée mondiale de la santé. Qui sait si le pays n’a pas les défenses immunitaires qu’il faut pour se positionner comme refuge sanitaire dans le cas de pandémie du même type que la Covid-19 ?

Dommage, vraiment dommage pour le pays ! Nous avons pris l’habitude d’ignorer des pans entiers de notre histoire et confirmé notre incapacité de choisir un personnel politique à la hauteur des génies comme Toussaint Louverture, Dessalines, Henry Christophe, entre autres.

Ce 7 avril, le monde commémore également du triste anniversaire du génocide au Rwanda. En Haïti, nous avons peur de sombrer dans la folie suicidaire qui a ravagé ce pays frère en 1994. Les conditions, nous le pensons, sont réunies avec les positions irréconciliables des acteurs de la crise haïtienne actuelle. Pourtant, le Rwanda, qui s’investit actuellement dans le développement durable et le panafricanisme conscient, est un pays qui inspire.

Dans l’attente que « Abraham di sètase », la date du 7 avril nous invite tous, à choisir de réinventer le personnage de Toussaint Louverture, tout en l’adaptant avec celui visionnaire Paul Kagamé, sans obligatoirement passer par la voie de l’horreur qui a débuté le 7 avril 1994, et qui a duré des jours, des semaines et des mois, sous les regards intéressés, impassibles ou complices de l’international. Haïti va-t-elle une fois de plus impressionner le monde, quand plus d’un s’attend au pire ?

Dans ce pays pratiquement imprévisible, on ne peut que souhaiter de meilleurs lendemains, en espérant que les leçons de Toussaint Louverture, trahi par la France, seront bien apprises.

Dominique Domerçant




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