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Enfin, le Drapeau déchaîne les passions

Enfin, le Drapeau déchaîne les passions










On se croit dans un rêve. Un miracle semble s’être opéré subtilement. Car, même à la veille de la célébration du 18 mai, le Drapeau national n’est pas si respecté. Le leader de Pitit Desalin, Jean-Charles Moïse en ordonnant le samedi 10 novembre qu’un drapeau noir et rouge soit hissé sur la place des Vertières a, parait-il, touché une veine sensible. Cet acte monopolise les débats. Pauvre de lui qui croyait que l’imaginaire collectif était encore indifférent aux symboles de la nation et que ses compatriotes pouvaient continuer à tout encaisser !

Les divergences d’opinions et les antagonismes idéologiques sur l’histoire ne justifient aucun acte de profanation des symboles nationaux. D’ailleurs, nulle part dans le monde, on n’arrive à harmoniser de façon parfaite les approches historiques. Dans des pays où la « fierté nationale » n’est pas un vain mot, les emblèmes sont intouchables et précieusement gardés. Mais, chez nous, qui peut se dire cohérent en dénonçant l’acte de Jean-Charles Moïse ?

C’est assez troublant d’entendre des autorités condamner la profanation du Drapeau quand des sites et monuments historiques sont délabrés, souillés et envahis par les mauvaises herbes. C’est chaque jour que le Drapeau et les autres emblèmes de la nation sont piétinés. Ces péchés par action ou par omission doivent toujours provoquer l’indignation. Ne s’agit-il pas également d’un crime de lèse-patrie le fait de laisser les places historiques du Champ-de-Mars dans la crasse et la puanteur ? Dans les ministères et les commissariats flottent des drapeaux déchirés et hissés à l’envers. Quant à l’hymne national, la plupart des dirigeants n’en connaissent probablement pas un seul couplet.

Lapidés avec insistance, l’ancien candidat à la présidence et ses partisans sortent un argument qui rappelle que le bleu et le rouge ne flottaient pas au mât de Vertières au moment où ils ont décidé de hisser leur drapeau noir et rouge, symbole du dessalinisme. Ce prétexte ne tient pas la route, mais au moins il aide à se rendre compte qu’on ne tenait pas tant que ça au culte de la mémoire. Comment peut-on revendiquer le sens de la patrie quand la place des Vertières n’a même pas de drapeau ? Ce haut lieu d’hommage aux héros de l’indépendance est, depuis quelque temps, transformé en dépotoir, mais personne n’a levé le petit doigt.

Pour être sincères, les positionnements contre la profanation des symboles nationaux doivent être dépouillés de toute passion politicienne. Ce sujet ne peut servir de prétexte pour défendre des intérêts partisans, quels qu’ils soient. Si le semblant de réveil patriotique constaté pouvait se transformer en un vrai sursaut, ce serait heureusement le début d’une nouvelle ère. L’ISPAN ne serait plus à court de budgets face aux chantiers à entamer pour la conservation des plus de 70 sites historiques en péril. Et l’hymne national deviendrait un vrai chant de ralliement aux valeurs nationales.

Kendi Zidor



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