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La république des vilains

La république des vilains









La république des vilains

L’incompétence des gouvernements qui se sont succédé au pouvoir depuis des décennies nous a conduits dans cette impasse où nous nous trouvons actuellement. Graduellement, l’ignorance et le banditisme, courtisés par les faiseurs de pouvoir, se sont installés dans toutes les allées de l’appareil d’État si bien qu’aujourd’hui tout ce qui est voyou devient banal. On distribue des enveloppes aux parlementaires pour appuyer un pouvoir alors que dans d’autres pays on arrête les parlementaires corrompus. Des parlementaires et des hommes d’affaires distribuent des armes à des bandits. La Police nationale peine à faire son travail avec des politiciens qui font tout pour l’instrumentaliser. Un Exécutif en pleine déliquescence, aux ordres d’un système moribond, est incapable de lâcher même le moindre os pour satisfaire la population sur la question de la corruption et de ses besoins fondamentaux.

Certains tirent à boulets rouges sur l’opposition. Elle a été toujours ainsi. Du pouvoir à l’opposition, cela a toujours été un jeu de chaises musicales dont le pays en fait les frais. L’opposition, chez nous, se voulant jusqu’au-boutiste, refusant tout comme son copain le pouvoir tout dialogue constructif pour le bien du pays, capable de signer un embargo contre la nation, reprend le même refrain une fois à son tour au pouvoir. Tous les privilèges à un petit groupe d’incapables alliés aux grands manitous du secteur des affaires pour qui le pays est le cadet de leurs soucis.

Ce qui est infect dans cette histoire à répétition, ce sont ceux, qui de leur tour d’ivoire, décideurs haïtiens ou étrangers, ne se soucient que de ripailler et donc d’œuvrer à la perpétuation d’un système honni et se foutent royalement, - ce sont les mots, il faut de dire - des gangs qui violent, qui pillent et qui tuent dans certains quartiers populaires. Ces gangs ont été parfois montés, visités, ravitaillés par des secteurs proches du pouvoir. De la situation misérable de la population, on s’en fiche. Pire encore, on attise sa colère avec des déclarations à l’emporte-pièce, des discours sans queue ni tête qui donnent constamment l’impression qu’on prend la nation pour un club d’imbéciles. L’État s’effrite encore plus. Les espaces de non-droit se multiplient. La Somalie peut frapper à nos portes. Tout va bien, Mme la Marquise !

Dans cette situation qu’on vit actuellement, certains citoyens arrivent à friser la folie. On n’a qu’à entendre certaines opinions. Par exemple, la démocratie ne conviendrait pas à notre pays, mais plutôt une dictature. Ils oublient que ce mal que nous vivons aujourd’hui tire ses racines d’une dictature qui a plongé le pays dans la géhenne. Et puis, ceux qui sont au pouvoir aujourd'hui, qu’ils seraient heureux si l’époque était celle des années 60 ! Ils auraient été soulagés d’être autorisés à faire un bain de sang pour sauvegarder pouvoir et privilèges. Comme quoi les époques changent, mais les hommes, des Duvalier aux Moise, restent pareils. Petits, mesquins, traditionnels, plein de morgue et de mépris pour une masse dont ils sont souvent issus, mais préférant la courbette devant les étrangers souvent racistes et nos affranchis tirant les ficelles de leurs villas étant.

Pouvoir et opposition chez nous n’ont été toujours que les deux faces de la même médaille. Refus de la modernité, sauvegarde des privilèges, maintien de l’appareil de la corruption pour qu’un autre clan puisse venir s’empiffrer. D’hommes d’État, nous en manquons cruellement. Des hommes d’État pour forcer la réconciliation avec nous-mêmes. Des hommes d’État pour mettre fin au banditisme sous toutes ces formes. Des hommes d’État pour cesser de promouvoir la bêtise. Des hommes d’État pour rétablir le temps de l’Humain dans ce pays.

Gary Victor




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