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Quand l’État ne rassure plus

Quand l’État ne rassure plus









La manifestation du 18 novembre et les journées mortes qui s’ensuivaient ont été particulièrement éprouvantes pour la Police nationale. Avec une forte présence dans les rues, les patrouilles épiaient les moindres réactions pour désamorcer les tensions. Malgré cette militarisation des principales artères, les habitants de la capitale et d’autres grandes villes se sont, par peur ou par adhésion au mot d’ordre de l’opposition, cloitrés chez eux. Signe non équivoque d’un malaise politique !

Le désaveu est patent. Peu importe l’angle sous lequel on décide d’apprécier la réussite de la grève, on se rendra compte qu’un certain symbole s’est effondré. Tous ces véhicules neufs, ces policiers encagoulés et armés jusqu’aux dents qui allaient et revenaient n’ont pas réussi à rassurer la population. Les dispositions spéciales – qui ont même provoqué un conflit entre le haut commandement et le CSPN — indiquent que les autorités croyaient pouvoir vaincre la peur qui s’emparait de ceux qui avaient encore dans la bouche le goût amer des émeutes de juillet. Mais, le moins qu’on puisse dire est que ce branle-bas n’a pas dissipé les inquiétudes.

Dans les milieux politiques, on soutient, à tort ou à raison, que, loin de la peur, ces journées mortes sont une preuve de la perte de légitimité des autorités. Plusieurs arguments assez sensés tendent à corroborer ce jugement. Le ras-le-bol contre la corruption exprimé par divers secteurs de la vie nationale a été vu, rappelons-le, par le chef de l’État comme un acte de vendetta. Et comme dans une déclaration de guerre, il a même juré de protéger ses proches. Pris dans le contexte du Petrocaribe challenge, ce positionnement de Jovenel Moïse, lui qui ne parvient pas toujours à marquer son premier point contre l’escalade de la pauvreté, pourrait être une déclaration testamentaire.

Mais au-delà de ces considérations purement politiques, nul ne devait s’attendre à ce que la population s’en remette aux forces de l’ordre alors que celles-ci sont toujours impuissantes face aux gangs qui prennent d’assaut plusieurs quartiers situés à moins de dix kilomètres du Palais national. De plus, à part les petits arrangements conclus avec les plus chanceux, ceux qui ont vu leurs biens se réduire en cendres lors des émeutes de juillet n’ont eu droit à aucune réparation. Ne parait-il pas évident que la logique du sauve-qui-peut allait prévaloir ?

Pendant que les autorités appelaient tous les citoyens à vaquer à leurs occupations et demandaient aux parents d’envoyer leurs enfants à l’école, la plupart des bureaux publics étaient déserts. Le pays n’est pas dirigé, car les institutions ont cessé d’exister. Les fonctions les plus prestigieuses sont galvaudées. Face à cette absence de confiance, les hommes et femmes au pouvoir doivent cesser de faire semblant que tout va bien

Kendi Zidor



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