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Notre foot et nos chers voyous

Notre foot et nos chers voyous









Le sport et la lecture ont toujours caracolé en tête des activités saines sur lesquelles se reposent les fondamentaux d’une bonne qualité de vie. L’unanimité est telle que tous ceux qui occupent l’espace public n’ont pas le choix que de supporter les activités sportives. Même, quand en réalité, ils détestent.

Nous connaissons tous par coeur les formules populistes et creuses qui accompagnent les promesses de mise en place de politiques sportives et de construction d’infrastructures dédiées à la pratique du sport. Pour preuve, depuis quelques mois, le sport le plus populaire en Haïti est la course à l’identification de vingt-cinq stades construits avec les investissements alimentés avec le fonds Petrocaribe.

Au-delà des prouesses cleptomanes de certains gestionnaires d’argent public en Haïti, dès fois nous avons besoin d’imaginer la vie dans un pays qui a réussi à placer le sport au coeur de l’économie, de la santé et du dialogue social. Le corps social et politique a peut-être beaucoup essayé pour enrayer cette crise haïtienne multiforme, mais personne n’a tenté d’utiliser le sport comme un levier pour permettre l’espoir le plus large de bâtir une société viable et ouverte sur l’avenir.

Le sport peut contribuer au dialogue social en transformant les belligérants des quartiers en acteurs sociaux impliqués et respectueux des valeurs communes aux Haïtiens.

Le sport peur servir, par sa nature et par les revenus qu’il génère, peut aider à la création d’emplois à forte valeur ajoutée et nécessaire à la croissance du pays. La commercialisation du sport est une politique qui touche un grand ensemble de corps de métier depuis les activités liées à l’alimentation jusqu’à la gestion de l’image sur les réseaux sociaux. L’exemple de la France des banlieues de la fin du siècle dernier est édifiant à plus d’un titre.

En Haïti, il suffit de suivre le Championnat de football de première division, qui aurait dû être la plus grande compétition régulière du pays, pour se rendre compte que le talent des athlètes est noyé dans des pratiques de petits voyous et d’amateurs irresponsables. La grosse blague entre le Racing des Gonaïves et le Valencia de Léogâne, qui prend en otage la relégation d’une des deux équipes en deuxième division, est de l’ordre de l’hallucination grave. Rien à expliquer que personne ne peut prétendre d’avoir compris.

Cette séquence comique est venue s’ajouter aux cas répétés d’agression sur les supporters, les joueurs adverses et même les journalistes. D’autant plus que les enjeux économiques ne sont pas visibles même avec l’aide d’un microscope.

Le championnat haïtien fait partie de celui le moins rentable du continent. Le vainqueur de la série de clôture peut gagner, selon la promesse des dirigeants, sept mille dollars américains et son dauphin quatre mille. Un joueur en première division est payé vingt mille gourdes. En plus, les perspectives sont sombres puisque la gestion, à la limite suspecte, des droits de diffusion du championnat ne permet pas d’attirer des sponsors et de stariser les joueurs.

On regrette, mais on comprend que le sélectionneur national ne connaît que la valeur des joueurs haïtiens évoluant à l’étranger, jusqu’à ceux incapables de s’imposer dans leurs clubs. Marc Collat ne convoque pas les joueurs qu’il ne voit pas, en l’occurrence, les malchanceux qui travaillent au pays dans l’ombre de la bêtise, de l’incompétence et de l’arrogance des dirigeants.

Nos enfants ne rêvent plus de jouer au foot et nous avons arrêté d’aller au stade. Au parc Gérard Christophe à Léogâne, au parc national du Drapeau à l’Arcahaie ou encore au parc Anglade, les gestionnaires n’ont pas pensé aux places assises. L’environnement du stade Sylvio Cator a l’allure d’une décharge à ciel ouvert.

Le sport aurait pu être une politique privilégiée pour le développement du pays parce qu’il intègre des valeurs de respect, de tolérance et d’effort. Nous en avons tant besoin pour penser notre pays.

Ce sera tellement simple de fermer ce Championnat de première division. Pour passer à autre chose.

Jean-Euphèle Milcé

Kenson Désir



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