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Le ton du dialogue versus la tour de Babel !

Le ton du dialogue versus la tour de Babel !








Le Gouvernement se prépare à lancer, cette semaine, un premier forum autour d’un pacte de gouvernabilité. Ce mardi 22 janvier, au Centre de convention de la BRH s’ouvre donc officiellement une première grande rencontre entre des acteurs de la société civile et politique autour de questions vitales pour l’avenir de notre pays. Notons cependant que ces assises vont se dérouler dans une atmosphère plombée par le doute et le scepticisme. Le mot dialogue a été trop longtemps galvaudé.Chaque secteur politique a toujours tenté de tirer de son côté le drap, la concertation ayant été souvent orchestrée à des fins politiciennes.

Despersonnalités interrogées par le National ont exprimé moult réserves quant à la sincérité des acteurs. Il y a toujours selon certains de nos interlocuteurs, une partie de poker menteur derrière toute initiative de nos politiques qu’ils soient du gouvernement ou de l’opposition. Le poison de la méfiance inoculé dans nos veines par tant d’années de mensonges et de manipulations n’a pas fini d’affecter sévèrement le corps social.
Il faut aussi mentionner, le poids plutôt handicapant des frustrations accumulées par les secteurs politiques qui se sont violemment opposés ces dernières années. D’abord les néo-duvaliéristes qui estiment pouvoir reconquérir un pouvoir qui les échappe depuis tant d’années et qui n’a pas été mieux géré par ceux qui les ont remplacés. En présentant une nouvelle copie plus nette, ils pensent pouvoir passer les prochaines épreuves électorales.
Ensuite, on retrouve les groupes proches de la nébuleuse lavalassienne qui, ne s’étant guère remis de l’interruptiondu mandat du président Aristide en 2004, supportent difficilement leur sevrage brutal du pouvoir et ne jurent que par la restauration d’un « régime populaire ».

Quant aux proches du Président Martelly, ils parlent aussi, par la voix de l’ancienPremier ministre Jack Guy Lafontant,d’ungrand retour pour cinquante ans du PHTK. Les observateurs s’interrogent sur ce « retour », l’actuel pouvoir étant sorti de la « cuisse de Jupiter » : on pourrait parler de continuité. À moins qu’il y ait divorce non officiellement consommé, comme cela se susurre dans le landerneau politique Port-au-princien.
Il n’y a cependant, aucune raison pour que des groupes ayant exercé le pouvoir ne puissent encore légitimement revenir au timon des affaires. Pourvu qu’ils acceptent de se présenter à des élections libres et démocratiques. Toutefois, certains discours extrémistes donnent froid dans le dos, et semblent faire peu cas des règles du jeu démocratique.

Certains de nos leaders veulent reconquérir une position hégémonique au nom d’une légitimité populaire auto proclamée ou d’une force de frappe civile ou…militaire. Dans toutes ces velléités de puissance enfin retrouvée, on cherche encore l’offre politique pour le changement comme une aiguille dans une botte de foin. Chaque groupe jadis écarté du festin présidentiel caresse la revanche du grand retour. L’État étant le seul grand pourvoyeur d’emplois, il existe en permanence une grande crispation autour de qui va occuper tel ou tel poste politique. Toute chose qui explique pourquoi à chaque période électorale, le pays est suspendu à un fil surplombant le gouffre du chaos social.
Plus la précarité augmente, plus la politique ne devient qu’une course-poursuite pour l’enrichissement illicite pour certains ou la survie pour d’autres.

L’actuelle crise monétaire et son corollaire la pénurie pétrolière servent aussi d’obscure toile de fond au forum qui va se dérouler ce mardi. Déjà les rumeurs fusent de toute part et la vie comme dit le poète est en veilleuse. Le moral de nombre d’acteurs de la société civile est en berne. La vie chère et l’insécurité plongent dans une détresse sans fond la citoyenneté haïtienne.
Des hommes d’affaires sortent enfin de derrière les rideaux pour faire des propositions. Un consensus semble se dégager, y compris chez les plus riches, que l’on doit mettre des garrots à cette interminable hémorragie sociale et tenter de faire partir ce pays sur de nouvelles bases.
Mais comment le faire ? Jusqu’où le pouvoir et l’opposition sont prêts à faire de notables concessions au profit du bien commun ? Les hommes d’affaires voudront-ils aider à nettoyer les écuries d’Augias, à faire le ménage dans leur propre secteur ? L’État pourra-t-il envoyer des signaux clairs sur le dossier Petrocaribe comme un gage de sa bonne volonté ?
Autant d’interrogations et de zones d’ombre qu’on espère voir s’éclaircir au fil du dialogue qui est en train péniblement de se nouer, et qui laisse encore sceptique ceux qui sont familiers de nos insoutenables perversions.

Roody Edmé



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