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Kite peyi a mache

Kite peyi a mache








Beaucoup espèrent la fin de cet état comme nous le connaissons. Mais ceux qui sont aux commandes peuvent penser être quiets avec la configuration sur le terrain. Une grande majorité de la population boude jusqu’à présent les urnes après avoir été menée en bateau par des imposteurs, ce qui s’est traduit par une participation dérisoire aux dernières élections. Et on sait que dans ce cas de figure, il est facile de jouer avec les résultats. De nombreuses zones du pays sont presque prises en otage par de véritables associations de malfaiteurs souvent organisés, patronnés par des politiciens. Le tableau est prêt pour s’assurer d’une insécurité qui ne devrait laisser aucune chance à une participation même moyenne des citoyens. L’international qui ne veut qui la forme fermera les yeux sur cette stratégie pourtant bien évidente pour que les prochaines élections permettent encore aux fossoyeurs de la patrie de dilapider le peu de ressources dont nous disposons.

Ce qui rend le tableau encore plus compliqué pour toute tentative de reprise en main de l’État, c’est cette méfiance qui s’est installée partout dans le pays. On n’a plus confiance en personne. On prêtera certainement à un citoyen sérieux se présentant à un poste électif le désir de venir profiter de la manne de l’État. L’énergie qu’il devra déployer sur un terrain déjà corrompu, les risques qu’il encourt avec ces candidats proches du pouvoir et disposant à la fois d’armes et d’argent, dissuadent pas mal de citoyens de s’engager dans cette voie pourtant nécessaire. Le chemin est alors libre pour tous ces opportunistes qui nous ont donné au cours de ces derniers mois ce pitoyable spectacle qui est une honte pour le pays.

La société civile ne se remet par encore de la trahison de beaucoup de ceux qui ont parlé en son nom, s’attirant de manière intéressée la sympathie des étrangers, mais qui en fait n’ont fait que le jeu des pouvoirs. La précarité est la meilleure formule magique pour faire sombrer des consciences humaines au stade animal.

Depuis la fin des années 1990, un pouvoir politique est allé beaucoup plus loin dans ce qu’on connaissait comme délinquance d’État dans notre pays. Les autres qui sont venus après lui ont continué sur la voie comme dans une sorte de fascination pour l’auto-destruction. La violence politique, ainsi, n’est plus hiérarchisée depuis que les baz, les gangs, sont venus à faire partie du paysage. Si l’argent de l’État sert aussi dans cette stratégie de l’absurde à gérer le chaos comme instrument de gouvernance et de survie de groupes mafieux, il est pourtant difficile dans cette nébuleuse de bien identifier les responsabilités. La pourriture est dans tous les interstices de cet État et on comprend pourquoi il est jusqu’à présent impossible de mener à terme la moindre enquête que ce soit sur des cas de disparition, d’assassinat et de dilapidation des fonds publics.

On va tout faire pour renforcer l’emprise de ce pouvoir sur le pays dans les prochaines élections. Le bilan pourtant déjà ne s’annonce pas brillant. La qualité de ces hommes, à chaque prestation, le spectacle qu’offrent parlementaires et autres grands commis de l’État en est la principale raison. Si le peuple haïtien, si nous ne nous mettons pas debout pour arrêter la dégringolade, on n’ose pas imaginer ce que sera le futur proche de notre pays. Notre quotidien frise déjà le cauchemar. Nous connaissons le slogan des profiteurs, des dilapidateurs, des inconscients. « Kite peyi a mache ». Nous, nous voulons qu’il marche, qu’il fonctionne afin que, nous tous, nous ayons enfin une raison d’espérer.

Gary Victor



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