S'identifier Contact Avis
 
28.89° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
S’en sortir !

S’en sortir !








Affolantes les images sur les réseaux sociaux de ces gens, la plupart des jeunes, détruisant des compteurs de l’EDH sur leur passage. Une furie destructrice accompagnée d’une étrange bonhomie comme si c’était une manière de se défouler d’un trop-plein de colère. Partout, on semble frôler cette violence ultime toujours due à l’incapacité des gens au pouvoir de gérer une situation, de tenir un discours qui prête au moindre respect, à la moindre confiance.

La population accuse les dirigeants de trop mentir. Le mensonge est pourtant une arme que manient souvent les politiciens d’ici ou d’ailleurs. À la différence que sous d’autres cieux les mensonges peuvent cacher d’autres politiques parfois méprisantes pour la majorité, mais il reste qu’il y a une frontière qu’on ne franchit pas, car on a en tête la sécurité, le bien-être si ce n’est de la nation, mais d’une classe bien déterminée. Les menteurs sont souvent formés dans les meilleures écoles et peuvent manipuler l’opinion avec des rhétoriques qui demandent de l’adresse pour s’y attaquer. Même les médias qui les soutiennent sont tenus par des journalistes peut-être aux ordres, pourris, malhonnêtes, mais d’un niveau suffisant pour que les bonnes gens puissent avaler la pilule.

Le drame avait été annoncé depuis avant 1986 par de nombreux enseignants encore qu’on n’était pas tombé aussi bas. Des professeurs émérites étaient partis former des cadres au Canada et en Afrique. Nos lycées, nos écoles ont périclité et on a commencé à former des espèces de monstres, incapables de la moindre compréhension de la réalité. Leur capacité de mémorisation leur a permis souvent de passer à travers le tamis des universités étrangères. Mais est restée cette incapacité à comprendre le réel tandis que la détérioration des conditions de vie transformait une nuée de citoyens en combattants de la survie prêts à tout pour profiter seulement d’une fonction juteuse de l’administration publique et cultivant une morgue et un mépris outrancier pour la population. C’est en grande partie cette engeance qui est en train de détruire ce pays.

La folie politique des années 1990 a enfoncé le clou. Vive la militance ! À bas la compétence ! Une chance inespérée pour les nuls ! Les médiocres, les opportunistes se sont engouffrés dans la brèche. On embrasse un pouvoir juste pour faire ripaille. Fin 90, pour renforcer le pouvoir, on a fait élire au Parlement des gens qui n’avait rien à y faire tandis que des pseudo-révolutionnaires avaient l’idée farfelue et dangereuse de remplacer les tontons-macoutes par des organisations populaires armées, qui sont devenues des bases puis des gangs. Toutes les institutions pourries par la corruption et la médiocrité, on allait droit vers ce chaos qui se précise.

Les récents pouvoirs gérés par des jouisseurs, sans imagination, affichant leur mépris pour le pays, n’ont fait que continuer sur la même lancée. Si bien que l’État aujourd’hui est en lambeaux. Aucune institution étatique n’est en mesure de faire face à ces situations de chaos qui se multiplient sur l’ensemble du territoire national. Les solutions certes existent. Il y a cependant un problème d’hommes. Trop d’affairistes. Trop d’imposteurs. Disons le mot : trop de voyous. Mais il y a aussi trop de femmes et de bonnes volontés qui se ploient la queue entre les jambes. On a peur des délinquants !

Il faudra cependant faire le choix. Continuer à avoir peur et on n’a qu’une chance : rendre l’âme. Soit se battre avec au moins la possibilité certaine, car nous sommes plus nombreux, même si les officines étrangères sont contre nous, de nous en sortir.

Gary Victor



Articles connexes


Afficher plus [885]