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À quoi jouent les décideurs ?

À quoi jouent les décideurs ?








L’enchaînement des faits qui préoccupent les communautés haïtiennes ces derniers temps déroute même les plus optimistes. La lueur d’espoir que d’aucuns croyaient entrevoir laisse sa place au désenchantement. Plus rien ne marche. Même le carburant devient rare. Les autorités hésitent pourtant à prendre des décisions courageuses. Entre-temps, l’escalade de la pauvreté et la mauvaise gouvernance continuent de miner le peu de foi que les Haïtiens avaient dans l’avenir du pays.

La nation vit un épisode douloureux en termes de gouvernance financière. La dévaluation de la gourde qui affole les compteurs s’accompagne de la disparition progressive du pouvoir d’achat des citoyens. Bafoués et déçus, ces derniers espéraient pouvoir manger à leur faim et avoir de l’argent dans leurs poches. Hélas, la situation n’est pas sur le point de s’améliorer. En effet, l’État qui n’arrive pas à régler ses comptes avec les fournisseurs de carburant ne cesse pourtant d’engraisser les dignitaires au détriment des classes pauvres.

Les chiffres ne mentent pas. Et quand ils contredisent les discours, il devient facile de pointer du doigt les menteurs. Pour le premier trimestre de l’exercice fiscal en cours, les dépenses courantes autorisées par les dirigeants ont encore augmenté. Les hésitations à concrétiser la promesse de réduire le train de vie de l’État renseignent sur l’appétit de richesse et l’indécence des hommes au pouvoir. Les décaissements pour le confort des « chefs », ajoutés aux rares investissements, ont provoqué une dette publique de 10 milliards de gourdes en seulement trois mois, selon le rapport publié par la Banque de la République d’Haïti. Ce rythme de création monétaire faisant craindre un déficit budgétaire encore plus lourd que celui de l’année dernière est supérieur à 24 milliards de gourdes.

Les économistes, de plus en plus sollicités dans les débats sur la santé du pays, sont unanimes à établir un rapport direct entre le déficit budgétaire, la crise du taux de change et l’inflation. Le gouvernement qui se paie les services des plus brillants dans ce domaine ne se résout toujours pas à équilibrer le budget national. Une distribution plus juste des ressources du pays semble être une abnégation qu’il ne faut pas attendre des dirigeants alors qu’ils sont, eux-mêmes, issus de classes pauvres.

Le projet de budget 2018-2019 présenté comme un outil d’accompagnement aux démunis ne serait pas si bienveillant. Certaines de ses dispositions risquent de provoquer une aggravation de l’inflation qui a dépassé la barre symbolique de 15 %. L’augmentation des recettes provenant de taxes indirectes et des droits de douane s’apparente à une ruse pour compenser en douceur l’annulation de la hausse des prix de l’essence. Reprendre avec la main gauche ce qu’on a donné avec la main droite, n’est-ce pas de la pure supercherie ?

Dans ce pays qui, en dehors des petits projets à visée politicienne, ne dispose pas de politique sociale, l’augmentation vertigineuse du coût de la vie risque d’influencer d’importantes variables politiques. Même en réalisant ses promesses les plus ambitieuses, le président Jovenel Moïse pourrait perdre gros si son administration reste aussi impuissante devant l’escalade de la pauvreté.

Kendi Zidor



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