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Le grand vide !

Le grand vide !









À la génération à venir, si nous avons le temps et les moyens de bien vieillir, il faudra expliquer, même avec le regard fuyant, pourquoi et comment on est arrivé là. Dans ce cul-de-sac à l’horizon bouché où nos meilleurs analystes de tous les secteurs confondus ont renoncé à esquisser le moindre plan d’avenir. La plus banale des planches de salut.

La politique telle qu’on nous l’a imposée avec nos dirigeants légitimés par des élections et l’opposition construite sur ses batailles perdues n’est qu’une machine en train de tourner à vide au point de devenir illusoire. Pourtant, en 1986 et peu d’années après, la politique avait un sens, puisque la contestation arrivait à rassembler autour du besoin de reconstruire un État sur les ruines de la dictature.

Tout était à changer, à passer dans le tourniquet de la transformation sociale : de la conception de l’université jusqu’à la reforme agraire en passant par les rapports entre les classes d’Haïtiens. Et, les luttes politiques avaient la générosité de mobiliser autour des causes du mal haïtien.

Les temps actuels sont difficiles et génèrent la plus grande confusion. Les couches populaires ont arrêté de faire de la politique en proposant ou en imposant leur participation à la vie publique au profit de leaders au-dessus des partis et des assemblées politiques. Depuis, la politique n’a plus cette prétention de transformer radicalement la société pour le bien de tous et prioritairement du plus grand nombre.

Nos leaders politiques, fabriqués dans la logique individualiste des monstres sociaux, ne jurent que par la nouvelle mode de « reprendre le contrôle », par le pouvoir du constat alarmant et de la prophétie prise pour une vision du monde. Trump, Bolsonero, Salvini ont abusé du bulletin des citoyens déposés dans les urnes pour donner chair et sens à la « démocratie » qui, avouons-le, peine à protéger le bien commun.

Aujourd’hui, il est difficile de ne pas admettre que la gestion de la vie publique est une somme d’échecs et de malheurs. Il ne nous reste que la résignation devant cette masse de chômeurs bras croisés devant l’envolée des prix des produits de consommation de base. Même résignation des entrepreneurs qui baissent les rideaux à cause du dollar fort, de l’insécurité et toutes ces vieilles raisons qui font fuir les investisseurs. Doit-on se satisfaire de cette situation, de cette misère qui ne sera pas sans conséquence sur l’avenir du pays ?

Apparemment non ! Un leader politique haïtien vient d’expliquer, fier de sa science et chiffres à l’appui, la glaçante confrontation à venir entre « bourgeois et pauvres » du pays. Autant qu’il est vrai que la répartition inique de la richesse nationale est à combattre autant la guerre civile ne sera que stupidités qui fera son long de ravages irréversibles.

Et si le véritable incubateur du déclin haïtien n’était que l’impossibilité de mettre ensemble le capitalisme familial haïtien et le désir d’avenir de tout un peuple.

La dénonciation des « bourgeois et des privilégiés » ne suffit pas pour redonner sens à la politique. Le peuple doit reprendre le combat politique là où le triomphe de l’individualisme des leaders politiques et la mollesse des petrochalengers ont échoué.

Jean-Euphèle Milcé



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