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Farce macabre

Farce macabre








Des Haïtiens ont souvent considéré l’étranger comme un peu taré quand, arrivant dans certains pays, ils peuvent profiter de nombreux programmes sociaux visant à juguler le chômage et la misère. Vivant dans un pays où ils n’ont connu que le mépris des prétendus dirigeants, ils n’ont jamais compris que ces programmes ne sortaient nullement d’esprits dérangés ni n’étaient le fruit d’aucune intention altruiste. Il s’agit uniquement de protéger le tissu social, d’empêcher qu’un nombre trop élevé de pauvres et de chômeurs ne crée les conditions d’une situation insurrectionnelle qui ne peut faire qu’un mal immense à la nation.

Ici, chez nous, les incompétents, les jouisseurs, arrivés au pouvoir aussi à cause du faible niveau éducatif de la population, n’ont jamais compris cette simple vérité. Pris dans le tourbillon de la jouissance de privilèges de plus en plus étendus, sous le regard complice d’une dite bourgeoisie qui finalement n’a aucun intérêt dans ce pays sinon que de se faire de l’argent avec l’épargne de cette même population qu’elle méprise, ils ont trop tiré sur la corde, ne soupçonnant même pas que gouverner un pays n’est pas un jeu, alors que plein d’autres gens, maffieux et dealers en tout genre, ont vite compris ce qu’ils pouvaient tirer d’un tel État failli à leur disposition.

Aujourd’hui, la population crie sa colère. Quand les manifestations dérapent, la Police nationale réagit comme elle peut. Mais les plus grands dérapages de ces manifestations, ce sont quand elles sont récupérées par d'autres maffieux qui trouvent là l’occasion peut-être d’éjecter ceux qui, pour le moment, occupent les fauteuils du dit pouvoir. La population réclame un changement de système. C’est insensé par exemple que le budget du Parlement soit supérieur à celui de la santé. Mais il y a des esprits, qui veulent profiter de cette révolte nationale contre la corruption et la mauvaise gouvernance, pour venir au pouvoir ripailler à leur tour.

Nous avons atteint le fond avec ce silence d’un président qui n’a plus rien à dire. On craint même que le moindre mot qu’il prononce n’envenime la situation. De l’autre côté, une opposition disparate, des intérêts obscurs qui surfent sur la grande vague du mécontentement. L’arbitre habituel du jeu, la Communauté internationale, a sorti un communiqué vicieux comme à son habitude, parsemé de non-sens et qui bien sûr n’effleure même pas sa responsabilité dans la crise actuelle. C’est bien elle qui a falsifié tant d’élections en Haïti, avec la bénédiction d’une classe politique aux ordres. Il y a pire que le choléra des Népalais de la Minustha. L’instabilité qui est toujours là, les armes exhibées par les gangs, prouvent l’échec complet de la présence des Nations unies.

Entre un président qui ne peut même plus interpréter un rôle qui ne lui seyait de toute manière pas, un Premier ministre effacé, une opposition pourrie par des opportunistes, par des personnalités sur lesquels pèsent tous les soupçons et même par des repris de justice, un Parlement totalement discrédité, le pays, dans ces jours sombres, semble être livré à lui-même.
Et pourtant, il nous faut balayer tout cela. Dans toute cette saleté, on risque bel et bien de se noyer.

Gary Victor



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