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Sales combines !

Sales combines !








En temps de crise, les moindres détails comptent, tant dans les faits que dans la perception. Chaque évènement, chaque prise de parole, devrait pouvoir apporter aux acteurs des solutions appropriées. Les dérapages et la nervosité sont, en revanche, des conditions susceptibles de tout envenimer et de retarder l’embellie espérée. La tournure que prennent les choses dans la foulée du mouvement « peyi lòk » laisse croire que les autorités sont mêlées à de sales combines qui compliquent davantage leur avenir immédiat.

Outre le désaveu quasi généralisé auquel fait face l’administration en place, la panique qui gagne du terrain dans les rangs des autorités devient visible. Confondant mouvements et efficacité, le palais national et la primature tentent, non sans rivalités, de racheter leurs manquements. Le spectacle dégoutant se déroule sur la place publique. Les citoyens ne savent s’ils doivent en rire ou vomir.

Aurait-on affaire à des dirigeants paranoïaques, de sales comploteurs ou tout simplement de mauvais acteurs ? Le président Jovenel Moïse n’a pas attendu la conclusion de l’enquête que la police dit avoir ouverte sur l’intrusion le 11 février 2019 d’un homme armé dans les rangs de l’USPGN pour affirmer qu’il s’agissait d’un complot pour le faire assassiner. Une semaine après ce coup de filet, le public ne sait toujours pas qui a envoyé cet homme. Les citoyens restent sur leur soif, attendant de connaitre les noms de ceux qui auraient tenté d’éliminer leur cher président. « Le fugitif international » ne saurait agir seul sur ce coup, croient même les plus naïfs.

Le deuxième épisode amène à des interrogations aussi curieuses. L’arrestation le 17 février de mercenaires étrangers lourdement armés et assez bien équipés renforce la confusion. Les conseillers du chef de l’État qui font croire à une tentative de braquage contre la Banque de la République d’Haïti sont contredits par le Premier ministre lui-même. Ce dernier soutient que ce sont des snipers qui ont été recrutés pour l’atteindre dans son bureau. Des dénonciations, allant dans le même sens, pointent du doigt des personnalités assez puissantes de l’entourage du président.

Comme si les protestations populaires ne suffisaient pas à l’affaiblir, le pouvoir en place serait le scorpion qui se pique tout seul. Même dans le cas où il s’agirait de manoeuvres politiciennes pour affaiblir la mobilisation anti-gouvernementale et faire passer certains protagonistes pour des victimes, les conséquences sur l’opinion publique se révèlent déjà catastrophiques pour l’administration Jovenel Moïse globalement. On se demande comment des autorités qui ne peuvent même pas faire semblant de s’entendre peuvent trouver la sérénité minimale nécessaire à la planification des mesures de redressement.

À l’instar d’une souris qui se bat désespérément pour sortir d’un piège, les autorités multiplient des mouvements qui semblent les éloigner de plus en plus d’un dénouement heureux. Les manoeuvres pour jouer à la victime et discréditer des adversaires supposés ou réels prennent le dessus sur des initiatives qui pourraient amener vers un virage et corriger les errements qui ont suscité une colère populaire désormais difficile à apaiser.

De l’autre côté, l’opposition tend à se renforcer avec l’entrée en scène d’acteurs qui laissent rarement passer les occasions de gagner en capital politique. Si tout reste incertain quant à l’accomplissement du quinquennat de Jovenel Moïse et l’avenir du parlement, il est cependant évident que les événements de ces derniers jours sont le prélude des prochaines hostilités électorales. Aux citoyens de se montrer perspicaces.

Kendi Zidor



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