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Totale confusion

Totale confusion








Aujourd’hui et pour les jours à venir, le silence est d’or et la simulation encore plus précieuse. À entendre les positions de ceux qui parlent, soit parce qu’ils n’ont pas le choix soit parce que l’acte participe à une stratégie d’exister, on ne peut que faire semblant de comprendre.

La confusion est telle qu’on ne peut pas prendre position contre la violence sans donner l’impression de sacrifier, avec le cynisme du réactionnaire, les mouvements revendicatifs de la population. On est tout de suite perçu comme soutien du pouvoir et de la répression si jamais on fait référence aux vertus, faute de mieux, de l’ordre républicain. Et surtout, par peur de s’accepter coupable du grave délit anti-peuple, on ne peut pas s’élever contre les expressions et insultes qui trainent dans la boue les symboles de la République, les classes sociales, la Présidence, le Parlement, l’Opposition, la Chambre de commerce, l’Université, le Lakou trankil, le Foyer d’agitation, le Cercle littéraire, l’Église du quartier, le Cercle des chômeurs révoltés, la Communauté des geeks lubriques.

Le débat est mort. À chaque personne, un choix, un seul. Point barre ! Celui qui questionne les pouvoirs de l’État est forcément contre la démocratie et affiche son soutien infaillible aux casseurs. Quand le manichéisme intimide à ce point, toute prise de parole critique devient risquée.

Après l’interminable période lock pour forcer le président à la démission, la République était sur le point de vivre un véritable scandale d’État. Tous les ingrédients nécessaires y étaient : des mercenaires étrangers échappés d’une production hollywoodienne des années Reagan, l’artillerie parfaite des corps d’élite, des mensonges à profusion, la note très diplomatique de l’Ambassade des États-Unis d’Amérique et des suspicions au plus haut sommet de l’État.

Le commissaire du Gouvernement a parlé d’autorité, tout en réaffirmant son courage et son sens de l’éthique, et on a cru que la protection dont ont bénéficié les mercenaires pouvait être révoquée. Et hier, les images des mercenaires, en partance et libres de leurs mouvements à l’aéroport international Toussaint Louverture, ont ouvert les vannes pour la douche froide qu’on ne souhaitait pas.

Au-delà du sentiment d’humiliation et d’impuissance face à la toute-puissance des pays « organisés », personne ne saura dire qui de l’opposition, du Parlement et de l’Exécutif était visé. La Police, elle aussi, participe à l’alimentation et à l’entretien du suspense. Comment a-t-elle pu neutraliser un commando de professionnels bien armés huit jours après avoir évité d’appréhender un chef de gang, activement recherché, paradant au milieu d’une manifestation ?

Il est injuste de ne pas pouvoir parler, de ne pas pouvoir questionner et d’avoir l’interdiction de diffuser une parole critique. Mais quand l’appareil d’État nourrit le sentiment de deux poids, deux mesures, on est loin de sortir de l’auberge. Cette justice qui veut punir le petit « casseur de biens publics et privés » ne peut pas livrer aux Américains, sans résistance aucune, les mercenaires. La fin de l’épopée est triste !

Par ces temps de grandes tensions, d’intentions fragiles de dialogue, de rejet des institutions, nous n’aurions pas dû nous imposer cette défaite.

Jean-Euphèle Milcé



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