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Liaisons dangereuses !

Liaisons dangereuses !








L’arrestation puis l’expulsion ou libération de sept étrangers qui faisaient vraisemblablement partie d’un commando d’élite en pré-opération, occupe encore toute l’actualité. Tout le monde y est allé de son scénario. Nos hommes politiques, toutes tendances confondues, ont volé la vedette aux habituels faiseurs de ragots de rue et de rumeurs sur les réseaux sociaux.

Tel leader de l’opposition a eu, semble-t-il, en main la feuille de route de l’étrange unité pour affirmer sans sourciller qu’il s’agissait d’une opération qui visait les leaders de l’opposition. Tel porte-parole de la présidence a évoqué une opération contre la Banque centrale, s’apparentant à une version tropicale du film Ocean eleven. Un porte-parole de la Primature a dénoncé un complot contre le Premier ministre. Expert improvisé en balistique, il a pensé que du haut de la BRH, les snipers pouvaient prendre pour cible le chef du gouvernement.

Il est vrai que le pedigree de ces hommes pouvait donner cours à toutes sortes de supputations. Dans notre pays, les rumeurs voyagent vite, et cette fois-ci la technologie a rendu plus performante notre tele dyòl. Une cacophonie aussi burlesque qu’absurde : pendant que certains officiels, comme des enfants pris en faute, avouaient méconnaître les conditions du départ de ces « missionnaires », l’ambassadrice des États-Unis, Michèle J. Sison, affirmait très simplement dans un parfait français à l’accent typique, au micro de notre confrère Jean Robert Philippe : « le retour de ces individus a été coordonné avec les autorités haïtiennes ».

Mais qu’étaient venus faire ces hommes hyper entraînés au métier des armes ? De source concordante, on apprend qu’ils étaient en mission pour une institution importante au pays. Il est courant de nos jours que des anciens militaires américains, russes ou serbes et même des forces spéciales françaises se reconvertissent dans le privé et prêtent leurs services à des compagnies de sécurité internationale. Ces « mercenaires » experts en sécurité interviennent parfois sur des théâtres d’opérations, à la demande de leurs gouvernements quand ces derniers ne souhaitent pas utiliser leurs forces spéciales régulières, pour des raisons de politique étrangère ou d’image.

L’épisode de la célèbre compagnie américaine de sécurité privée du nom de Black water avait fait couler beaucoup d’encre et de salive. En effet, 5 des agents de cette compagnie internationale de sécurité avaient, lors d’une opération en Irak, ouvert le feu à l’aveuglette sur des civils, faisant au moins 8 morts et treize blessés. La justice américaine s’était chargée de la question et la compagnie a dû renvoyer plusieurs de ses employés.

Il existe donc de par le monde pléthore de compagnies de ce type qui offrent des services de haute sécurité, de gardiennage et de surveillance terroriste. Pourquoi dans ce cas précis, y eut-il tant de mystères ? C’est qu’en réalité, toutes les parties y trouvèrent leurs comptes. Il y avait là un filon politique à exploiter. On sait que dans ce pays, la baïonnette est l’un des moyens les plus prisés pour se maintenir ou prendre le pouvoir.

Dans un climat aussi volatil, fantasmes, fake news et secrets de polichinelle paraissent provoquer des jouissances inespérées. Il y a quelques jours, un des membres du commando a posté sa photo avec sa compagne. Tout cela avait tout l’air du « héros » revenu d’une mission impossible. Une mise en scène romantique à l’américaine. Et tenez-vous bien, il n’a pas parlé de libération, mais de « rescue mission ».

Entendez « mission de sauvetage » ! Il se passe donc bien des choses dans ce petit pays des Caraïbes qui peuvent inspirer les maîtres du thriller.

En attendant, nous sommes repartis pour une partie de bras de fer entre l’opposition et le pouvoir. Une épreuve de force en acier trempé où vient s’empaler une économie moribonde.

Le gouvernement a mis en place un comité de facilitation, le troisième chapitre d’un impossible dialogue après l’effondrement des États généraux sectoriels et l’explosion en plein vol du pacte de gouvernabilité. Rien n’entame plus la confiance que les projets inachevés en plus qu’ils pervertissent le terme même du dialogue. Pourtant, le temps presse. Les vents de la contestation se sont calmés parce que nous sommes dans l’oeil du cyclone. Les avis de tempête n’ont pas été levés.

Roody Edmé



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