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Dialogue !

Dialogue !








Dialogue ! Le mot à la mode ces jours-ci ! Tout comme le mot système ! Il faut changer le système, clame haut et fort un grand nombre de personnes qui interviennent dans la presse. Le mot dialogue semble plus sécuritaire pour l’ensemble de la communauté internationale qui dans des communiqués que plus d’un juge assez éloignés de la réalité, reprend en invitant les acteurs sur le terrain à l’entreprendre au plus vite. Le pouvoir en place s’est empressé de publier un arrêté créant un comité pour ce dialogue. On fait bien sûr attention à ne pas parler de conférence nationale. Il semblerait que conférence nationale ait une connotation sulfureuse. On préfère être dans le vague, dans le flou, sur un terrain où il est possible de faire passer le temps et tenter ainsi de perdre l’adversaire sur les sentiers tortueux de cette politique haïtienne qui fait fi de l’intérêt national.

La farce macabre est dans le fait que des concepts tout à fait nobles sont utilisés par des gens qui n’en ont cure. Ainsi l’affaire de la dilapidation du fonds Petrocaribe semble-t-elle être un dossier agité par un secteur qui y voit là une belle arme contre le pouvoir en place trempé, certainement comme les autres avant lui, dans cette nébuleuse affaire de corruption. Ceux qui montent à l’assaut ont, pour la plupart, le mental façonné dans la même matière que ceux qui ont eu à manier de près ou de loin les fonds avancés au peuple haïtien par l’État vénézuélien.

On oublie que les grandes batailles pour renverser les murailles d’une oppression, se mènent avec des troupes vraiment convaincues de la nécessité de renverser les tables et non pas désireuses de venir s’y asseoir, comme si l’Histoire ne serait qu’un jeu de chaises musicales où tous les coups sont permis.

Il serait grand temps qu’on se mette tous d’accord sur d’autres pratiques au niveau de la gestion des biens publics. Qu’attend la société d’un grand commis de l’État, de quelqu’un qui doit penser et gérer la chose publique ? Quels comportements exiger de lui au moins en public ? Quels privilèges notre société est-elle disposée à accorder à ceux qu’elle élit pour la diriger ?

Plus encore, il est temps de dénoncer cette manière hideuse de concevoir la fonction publique. Cette manière de la concevoir, bien sûr on la cache. On n’avouera jamais les vrais mobiles des luttes qu’on mène, car les masques qu’on brandit sont souvent bien faits et ne tombent que lorsque le forfait a été accompli et installé. On rigole quand on parle de bandits légaux, mais jamais les termes n’ont été aussi justes pour décrire les comportements de certaines gens qui sont au pouvoir ou qui se battent pour y arriver. Notre conception lamentable de l’autorité, du pouvoir, du chef ne pouvait qu’aboutir à cette catastrophe que l’on frôle actuellement quand le pouvoir politique au lieu de combattre le banditisme, la paie ou pactise avec lui dépendant des moments de la vie politique, mais toujours dans le but de garder en vie ce système – ah ! On revient à ce mot si à la mode - toujours au détriment de la nation.

Pour dialoguer, il faut mettre bas les masques. Il faut vouloir aller ensemble dans une autre direction. Si c’est pour enlever le couvercle un moment pour laisser échapper un peu de pression de la chaudière, on ne fait que retarder l’explosion finale.

Gary Victor



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