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Jeu de dupes

Jeu de dupes








Qui ne connait pas les vertus du dialogue ? Ce concept très utilisé pendant les dernières décennies dans des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes prend des contours assez divers selon les situations. En République dominicaine, au Salvador, au Mexique et au Pérou des expériences de dialogue national ont eu lieu avec des résultats divers et assez questionnables. En Haïti, c’est la nouvelle arme salvatrice des dirigeants qui, quand rien ne leur réussit, affirment que « personne n’a la solution aux problèmes ». Pourquoi briguer un poste de responsabilité si les défis sont si insurmontables ?

La trame a tout l’air d’un traquenard. Face à une population qui ne questionne pas les résultats et qui n’a pas la culture de responsabiliser ses autorités, la manipulation de l’opinion parait souvent aisée. Le slogan « Ayiti ap vanse » qui servait de trompe-l’œil est désormais le plus grands des mensonges. Le président omniscient qui continuait de promettre monts et merveilles même après son élection se rend compte brusquement qu’il n’y arrivera pas tout seul ou peut-être qu’il n’a jamais été sur la bonne voie.

Les innovations annoncées avec la Caravane du changement n’ont eu d’autre effet que l’assèchement des ressources publiques. Les allées et venues à travers le pays, les équipements lourds acquis, les kits d’éclairage et même les usines d’asphalte n’ont été que de l’agitation stérile. En voulant être partout en même temps pour réaliser ses promesses, le chef de l’État a oublié de vérifier les comptes. Un président qui réussit est celui qui fait de bons scores dans l’économie. Comment les indicateurs macroéconomiques ont pu échapper à celui-ci, cet obsédé des chiffres ?

Ce n’est pas la méfiance généralisée qui provoque le manque de résultats, mais l’inverse. Près de deux ans après le lancement de la caravane à Brocozel (dans la vallée de l’Artibonite), le chef de l’État se tourne vers les importateurs de riz pour calmer la fureur d’une population affamée. Les nombreuses initiatives, n’étant pas inscrites dans un cadre global de développement, ne représentent que de petits projets sans retombée globale. Échec !

Aujourd’hui, la vérité irréfutable est que le pays fait face à une gouvernance désastreuse. Le président ne peut pas continuer à rejeter la faute à ses adversaires comme si le pays devenait tout à coup ingouvernable. Ce n’est surement pas le dialogue national qui dictera à Jovenel Moïse et son gouvernement comment mettre de l’ordre dans la politique budgétaire. Les accomplissements attendus du Président, à savoir l’électricité 24/24, la relance agricole, le redressement économique, la démocratisation du crédit, etc. ; ne viendront pas des « chita pale », mais de politiques bien ficelées qui n’ont toujours pas été mises en œuvre. La réalisation d’un dialogue, quel qu’il soit, ne pourra pas dédouaner les autorités de leur exigence de résultats.

Les tâtonnements qui caractérisent les démarches en faveur du dialogue inter-haïtien ne rassurent pas ceux qui croient que les problèmes fondamentaux de la nation doivent faire l’objet de débats nationaux. En outre, les vives contestations contre le chef de l’État ont affecté sa légitimité à convoquer les larges consultations qui devraient conduire à ce que certains appellent « le nouveau contrat social ». Le dialogue national, s’il y aura lieu, ne devra pas être une manœuvre de diversion encore moins une excuse pour cacher l’incompétence des dirigeants.

Kendi Zidor



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