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La République des plaisantins

La République des plaisantins








L’un des plus grands paradoxes qui auront marqué la vie sociopolitique haïtienne de ces dernières années est la préséance des futilités sur les problèmes de fond. Même au milieu de graves crises, les acteurs trouvent toujours facilement des astuces pour éviter les vraies questions et se conforter dans la bêtise. Les polémiques creuses et les pires niaiseries sont inventées de toutes pièces pour cacher l’indigence d’esprit de la classe politique et l’inexistence des élites.

Il demeure entendu que les esprits faibles sont attirés par la facilité. Mais la créativité avec laquelle les discussions oiseuses s’enchainent dans les sphères décisionnelles, dans la presse et sur les réseaux sociaux est déconcertante. Si seulement toute cette énergie pouvait être mise au service de causes consistantes. Le fameux dialogue inter haïtien de Jovenel Moïse va-t-il enfin inaugurer l’ère des vrais débats ?

Incroyable que les deux semaines de classe perdues au cours du « lock » et les manques à gagner dans l’économie ne soient pas une préoccupation. Les questions budgétaires et de politique monétaire sont le cadet des soucis des dirigeants pendant que le peuple crève de faim. Quant aux échéances électorales, elles ne sont mentionnées que dans le cadre des guerres de chapelles. Le gouvernement, n’ayant pas pu résister à l’envie d’organiser un semblant de carnaval, a forcé les écoles et le commerce à chômer. Comme si les assauts de l’opération « lock » n’étaient pas suffisants. Et le pays s’enfonce dans la pauvreté.

Les polémiques sur les banalités mobilisent pourtant les attentions. Les seules questions qu’on se pose sur l’éducation se résument à identifier ceux dont les fils étudient à l’étranger. Personne ne semble se stresser réellement devant le faible niveau d’investissements dans l’économie qui bloque la croissance et aggrave la pauvreté. L’opposition aveuglée par ses ambitions de déboulonner le président pour s’accaparer du pouvoir se révèle incapable de tendre la planche de salut. En face, les autorités et leurs alliés manigancent les petits coups tordus pour garder les juteux privilèges que leur confère leur rang.

Hélas, le pays risque de rester trop longtemps prisonnier de l’avidité des uns et des autres. Alors que la classe politique s’enferme éhontément dans les querelles pour le pouvoir, aucune proposition consistante pour sortir Haïti de sa léthargie ne serait en gestation. Parallèlement, la République voisine se réjouit de devenir l’économie la plus prometteuse de la région avec un taux de croissance de plus de 7 %. N’en avons-nous pas marre d’être la risée de l’hémisphère ?

Désorientés, les politiques continuent de prêcher l’évangile du dialogue et de la conférence nationale. C’est comme chercher midi à quatorze heures. Quoiqu’il favorise la mise en oeuvre harmonieuse des politiques, le dialogue n’a jamais été la clé qui ouvre les portes du développement. Autrement dit, tant que ceux qui aspirent à diriger l’État ne disposeront pas de provisions idéologiques assorties de vrais plans de développement, Haïti restera cette République de plaisantins où ce sont les grandes puissances et les Nations unies qui ont le dernier mot.

Kendi Zidor



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