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Brésil : la révolution conservatrice

Brésil : la révolution conservatrice








Le gouvernement de Jair Bolsonaro tient mordicus à ses promesses de campagne. Le Brésil est entré dans une ère de « rétropédalage » politique et idéologique. Tout ce qui a été fait en termes de conquêtes sociales sous les régimes socialistes précédents est soigneusement détricoté. Le nouveau régime met en place une nouvelle vision de la société brésilienne qui exclue toute approche socialiste ou « socialisante ». Il s’agit pour Bolsonaro et les membres de son parti de divorcer avec ce qu’ils appellent le laxisme des années Lula.

Les nouveaux chantres du conservatisme surfent sur la vague des scandales politico-financiers qui ont sérieusement ébranlé les années de règne du parti des travailleurs de Lula à Dilma Roussef. La corruption avait pénétré toutes les strates de la société brésilienne et provoqué une grave crise de confiance dans un régime politique qui était tout de même parvenu à sortir des millions de Brésiliens de la pauvreté. Il faut dire aussi que la lutte contre une insécurité grandissante qui avait fait plus de 64.000 victimes en 2017 a aussi été un argument de poids dans la campagne ultra conservatrice de l’actuel président. Pour ce dernier, un « bon bandit est un bandit qui ne respire plus ». Une recette létale qui peut rendre « populaire » un candidat dans un pays ravagé par l’insécurité.

Sauf que la doxa Bolsonaro fait la part belle aux excès de la police et aux missions vengeresses des escadrons de la mort. Le chef de l’État de ce puissant pays d’Amérique latine n’éprouve aucun complexe quand il s’agit d’affirmer l’héritage militariste du vieux caudillisme brésilien. Ancien capitaine de l’Armée, il met un point d’honneur à assumer son parti pris pour un ordre martial qui serait supérieur aux valeurs démocratiques vieilles au Brésil de trente-trois ans seulement.

Quant à la politique étrangère du nouveau Président, elle épouse les contours de son conservatisme bon teint. Le nouvel homme fort du Brésil veut abandonner le rapprochement avec les pays du Sud initié par l’ancienne administration. Aujourd’hui, Washington et Tel Aviv sont les capitales qui figurent en bonne place dans l’agenda diplomatique brésilien. Au nom du principe sacro-saint du « ce qui se ressemble s’assemble ». En Haïti, on n’entend plus beaucoup parler du programme Viva Rio et le Centre culturel brésilien, jadis si dynamique, se meurt lentement.

Toutefois, les affres de la corruption n’ont nullement épargné le nouveau pouvoir. Un scandale impliquant des membres du Parti social libéral agite depuis quelque temps les milieux officiels. Le recours à des candidats fantômes aurait, selon la presse brésilienne, permis au Parti de toucher des subventions indues pendant la campagne présidentielle 2018.

L’affaire lourde de conséquences pour un régime qui souhaite montrer au monde entier « patte blanche » s’ajoute à une enquête visant le fils aîné du Président, le sénateur Flavio, selon des sources brésiliennes citées par Courrier international.

En outre, le nouvel ordre qui s’installe au Brésil ouvre grandes les portes de la forêt amazonienne aux industries du bois ; et annonce le défrichage de terres couvrant plus de 13 % du territoire habité par des indigènes d’Amazonie. Ce qui constitue un motif d’inquiétude pour des associations protectrices de l’environnement au Brésil, et un peu partout dans le monde. La forêt amazonienne étant considérée comme le poumon de la planète.

Bien que reposant sur une base sociale encore solide, le nouveau gouvernement n’a pas été épargné lors du récent défilé du Carnaval de Rio. Des écoles de samba ont rendu hommage à la militante Marielle Franco, une élue noire, homosexuelle, très engagée sur les questions des droits humains. Elle aurait été assassinée par une milice paramilitaire. L’enquête se poursuit.

Roody Edmé



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