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Temps mort

Temps mort








Aux jours tumultueux de février suit un temps mort – lassitude ou fatigue d’une population outrée par l’inefficience de ses dirigeants et éreintée d’une opposition de plus en plus déconsidérée en raison de son incapacité à produire des propositions concrètes et à susciter la moindre confiance des citoyens. Si le pouvoir a parlé constamment de manipulation lors des trois périodes d’émeutes en juillet, en novembre et en février, le fait que les mots d’ordre de l’opposition soient tous tombés dans un vide complet devrait porter à une autre réflexion. Un secteur disposant d’une telle capacité de convocation et de mobilisation ne peut se trouver du jour au lendemain comme totalement dépouillé. On a eu en fait des mobilisations spontanées, des mouvements de colère sociale dont certains ont tenté d’en profiter.

On est donc aujourd’hui dans un temps mort, un temps d’observation, comme si tout ce qui s’était passé n’était qu’un avertissement. La communauté internationale subodore très bien le danger, car ne voulant courir aucun risque, elle a fait évacuer une partie de ses ressortissants. Mais dans ce temps mort, certains se frottent les mains. Joie puérile. On aurait gagné le combat. Le pouvoir est resté en place avec l’appui des étrangers qui ne se soucient que de la forme. Mais le fond du problème reste inchangé. Les mensonges de l’Exécutif s’étalent de plus en plus aux yeux des citoyens et rien ne sera fait même pour tenter d’arrondir les angles. Les instincts de la flibuste sont trop incrustés chez nos dirigeants. L’orage passé, on retourne aux mêmes pratiques caractérisées par le mépris des masses populaires. L’unique stratégie qu’on connait est celle de la corruption des organisations de base reliquats de la période Lavalas, stratégie qui nuit grandement au Trésor public, car des millions sont régulièrement versés souvent sous prétexte d’assistance sociale à une pègre bien connue, pègre dont on s’en sert à des fins politiques quand le besoin se fait sentir.

Dans ce temps mort où l’incompétence des uns et la méchanceté des autres, vont redonner de l’énergie à la chaudière, le Fonds monétaire international (FMI) à grand renfort de publicité vient d’accorder un prêt au pays, dans le secteur peut-être le plus miné dans notre contexte, celui de l’assistance sociale. Assistance sociale que nous savons gangrénée par la politique, paravent pour le détournement de fonds et le financement de la pègre. Les instances de contrôle qui devraient s’assurer de la bonne utilisation de ces fonds sont grandement embourbées dans la corruption. Le Parlement, par exemple, est empêtré volontairement dans une confusion de tâches ou d’attributions dont le but n’est même pas le partage du pouvoir, mais la main basse sur le pouvoir pour la pure satisfaction d’intérêts personnels et mesquins.

Il n’y a donc pas lieu de pavoiser. Aucun des acteurs sur le terrain ne semble décidé à risquer quoi que ce soit de ses privilèges pour que les nuages se dissipent à l’horizon. On va continuer à vivre au jour le jour, à se vautrer dans le rôle du chef haïtien dans toutes ses crasseuses et médiocres folies, faisant sien le slogan d’un tas de profiteurs : « Bien boire… Bien manger… Bien forniquer… Attendre sa mort. » En créole, ce slogan est juteux.

Un pays qui souffre. Une jeunesse aux abois porteuse pourtant de tant d’espoirs. Un pays massacré par ses dirigeants et leurs commanditaires.

Une lutte qui ne peut s’arrêter si on veut briser l’infernal cercle.

Gary Victor



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