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Les commissions stériles se suivent

Les commissions stériles se suivent








La création des commissions spéciales s’érige, depuis un certain temps, comme une formule qui sert à donner l’impression que les autorités se penchent sérieusement sur des problèmes qui préoccupent la nation. Il serait difficile de trouver un domaine pour lequel on n’a pas créé de commission de 1996 à 2019. Malgré tout, les maux, s’ils ne s’aggravent pas, restent criants aux yeux de ceux qui prétendaient les résoudre. Les commissions feraient partie d’une stratégie pour faire patienter indéfiniment les citoyens qui ne demandent qu’à être bien administrés.

« Une commission se penche là-dessus, j’attends son travail », cette réponse revient encore et encore quand les journalistes interrogent les chefs d’État et le gouvernement sur des solutions qui tardent à venir. Depuis René Préval, on a vu des commissions de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Avec des mandats variés en terme de durée et de contenu, elles épuisent les ressources de l’État pour des missions qui se confondent à celles des institutions permanentes.

Jovenel Moïse, à lui seul, a déjà mis en place plus d’une dizaine de commissions depuis son installation en 2017. Personne n’aura envie de se questionner sur les résultats, car il n’y en a pas. Dans certains cas, les rapports de travail remis sont abandonnés sans suivi dans les tiroirs du Palais national et de la Primature. Après les commissions sur l’intégration de la jeunesse, la réforme de la santé, les États généraux, le dialogue national, etc., vient la réactivation de la fameuse commission de désarmement, de démantèlement et de réinsertion pour résoudre le problème des gangs qui assiègent la capitale.

En plus des limites que présente la formule « à chaque problème, une commission », il y a lieu de faire des questionnements sur la volonté politique réelle de faire taire les armes qui retentissement dans des quartiers de Port-au-Prince. Les dénonciations qui associent des dignitaires à des hors-la-loi, le retrait de la Police de certains bidonvilles réputés dangereux, le silence complice sur le massacre de La Saline et l’alimentation - par on ne sait qui - des bandes criminelles en armes et munitions sont des faits qui laissent croire que la gangstérisation servirait les intérêts des plus puissants. La CNDDR ne fera pas de miracle.

La logique des commissions en cascade vient, en quelque sorte, du fait que l’accomplissement du mandat quinquennal constitue la plus grande satisfaction des derniers chefs d’État que le pays a connus. Loin de la culture de résultats, leur réussite se résume au nombre d’années passées à profiter des privilèges et à faire élire leurs successeurs. C’est pourquoi il parait plus payant à ces dirigeants de faire passer du temps plutôt que de chercher et appliquer les vraies solutions. Cependant, cinq ans sans résultat en termes de développement durable représentent, pour le pays, une perte incalculable qui se traduit en la poursuite de l’escalade de la pauvreté.

L’installation de la CNDDR ne réjouit-elle pas les gangs et leurs commanditaires ? À la vérité, cette commission leur annonce qu’ils ne seront pas traqués tant que les réunions et les palabres inutiles n’auront pas abouti. Ou encore, ils seront tout simplement appelés en négociation. Entretemps, les petits massacres en cachette n’auront pas cessé à La Saline, Delmas 2 et Cité Soleil. Le calvaire des pauvres commerçants du marché de la Croix des Bossales apeurés quotidiennement par les balles ne sera pas fini. Et les porcs continueront de dévorer la chair humaine jetée dans les piles d’immondices. Ainsi va la République !

Kendi Zidor



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