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Nous mourrons tous

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Le jeu à la mode, par ces temps qui courent, est de savoir qui, du pouvoir, de la rue ou de l’opposition, arrivera à taper avec plus de violence sur la presse. Le but, il faut l’admettre, est de détruire cette presse traditionnelle, dans ses choix de support et sa manière d’émettre, puisqu’elle favorise l’influence des journalistes et de leurs médias dans le jeu politique.

Jeunes militants de cause réputée la plus juste du moment, leaders politiques en quête de rémission ou en campagne, citoyens lambdas en colère s’en prennent régulièrement à la presse et c’est en passe de devenir le sport favori des Haïtiens.

Il est évident de rappeler, ici et avec force, qu’avoir raison sur un point ne peut ni légitimer ni rendre supportable les rafales à l’aveugle lâchées sur un secteur en condition de survie. Même en refusant de l’écrire par pudeur ou dans un accès d’auto protection, la presse haïtienne, comme celle de France ou des États-Unis d’Amérique, nourrit aussi ses monstres et ses entrepreneurs véreux. On doit en retrouver autant voire plus chez les politiques bien installés, chez les commerçants prospères et chez les militants abolotchos. Dans l’absolu, la presse n’est pas d’essence mafieuse. Chaque dérive devrait avoir sa sanction même s’il faut faire appel à la justice pour en avoir les preuves.

Nullement et au grand jamais, le jeu très à la mode de casser du journaliste ne peut nous empêcher d’occulter les luttes nécessaires à la garantie sans faille de la liberté d’expression. Non les journalistes ne sont que pas des manipulateurs sans scrupules. Certains sont encore tabassés et d’autres meurent dans l’exercice de leur métier. Bêtement et tout simplement. Dans le cas de Vladjimir Legagneur, qui nous a été enlevé, depuis un an exactement, les autorités policières et judiciaires du pays, suant au travail, ne nous autorisent pas encore à l’inscrire sur la liste des journalistes assassinés. C’est un cas de disparition qui dure. Une année déjà. Triste et angoissant anniversaire.

Vladjimir Legagneur « était un garçon talentueux, intelligent, curieux et débrouillard. Un garçon qui venait, lui aussi, d’un quartier comme Grande-Ravine et qui s’est construit grâce à sa volonté, son travail et son talent », a déclaré Léa Domenach, réalisatrice française et amie de la victime qui a accroché, depuis hier à Paris, une exposition d’un mois des œuvres du journaliste Legagneur, porté disparu. Un hommage bienvenu en résonnance à la note très émouvante du ministère de la Culture et de la Communication. La consolation est là, utile, mais elle n’est pas totale.

Les journalistes ont appris à brasser. D’autres tuent les journalistes. Les chefs patinent, ont besoin d’une année, au bas mot, pour tergiverser entre « disparu » et « assassiné ».

Qui croire avant de mourir ? Tous !

Jean-Euphèle Milcé








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