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Absurdes parties

Absurdes parties








La Chambre des députés a voté à une écrasante majorité pour éjecter le Premier ministre de son siège. On pourra bien discuter sur des notions de droit parlementaire ou d’éthique tout simplement, le fait est que le Premier ministre ne disposait plus d’aucun soutien à la Chambre basse. Le retour précipité et onéreux de Jean-Henry Céant du Maroc et sa présence très tôt au Sénat pour répondre à une autre convocation parlementaire était une tentative de couper l’herbe sous les pieds des députés dans la mesure, ce qui n’était pas nullement certain, où la Chambre haute lui donne un vote de confiance. Le Premier ministre veut s’accrocher à son poste, mais il n’a jamais eu ni l’audace ni l’intelligence de prendre la moindre initiative qui aurait pu lui donner un quelconque avantage dans la lutte larvée qui l’opposait au Palais national. Pourtant, pendant toute la période de confusion et de trouble des deux premières semaines du mois de février, il avait presque, comme on l’aurait dit eu jeu d’échecs, un avantage à la fois tactique et stratégique avec une population gonflée à bloc contre Jovenel Moïse. Une partie d’échecs qu’il fallait avoir à la fois l’envergure, le talent et le cynisme pour pouvoir mener à bien.

Ce qui est étonnant, c’est toute l’énergie et toute la sombre intelligence déployée dans ces manoeuvres politiques bien haïtiennes finalement où on ne brasse que du vide dans le ventre de la nation. Certes, le ventre des acteurs principaux est loin d’être vide, car dans ces manoeuvres, on les gave suffisamment pour qu’ils puissent hennir dans le sens que veut le maître d’oeuvre. On va s’engager dans un tas d’autres manoeuvres – la « politique » comme on dit chez nous - mais dans l’unique but de monter une équipe qui sécurise le statu quo et qui permette au hold-up contre la nation, de continuer de plus belle sans que personne ne puisse trouver les moyens de demander des comptes aux dirigeants. La chose devient de plus en plus inquiétante quand les élections arrivent à grands pas. Le pays risque d’être crucifié à nouveau avec ce pouvoir kleptomane, en amour avec la pègre et chouchouté par une communauté internationale qui, au fond, a pour le peuple haïtien le plus grand mépris.

Avec le fantôme des milliards dilapidés, notre capitale expose ses feux de circulation qui ne fonctionnent plus. L’installation de ces feux n’avait été qu’un prétexte pour des proches du pouvoir d’empocher l’argent d’un bon contrat. L’entretien n’est pas pour les flibustiers. Malgré l’effort de quelques maires, la gestion des déchets est une véritable catastrophe. La question de l’insécurité se pose à tous les niveaux. Entre les gangs qui ont des ramifications jusqu’au plus haut sommet de l’État - rappelons que le coup d’envoi avait été donné par le régime Lavalas - et le fait de ne disposer d’aucun service d’urgence fonctionnel sur l’ensemble du pays, on est en droit de considérer toute cette agitation politique comme de la pure comédie. Les vrais problèmes de la nation sont le cadet des soucis de nos dirigeants. Certains, encore aujourd’hui, rêvent d’un pouvoir de cinquante ans. Mais aucune dictature dans l’histoire n’est restée au pouvoir avec un slogan comme « Bien manger, bien boire, bien forniquer et attendre sa mort. » Un minimum de pensée, d’intelligence et de réflexions –même dévoyée - sur le pays a toujours justifié des pratiques dictatoriales. Le néant mental de ceux qui clament « kite peyi a mache » ne peut que nous enfoncer dans notre boue.

Gary Victor



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