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Qu’aura-t-on sauvé ?

Qu’aura-t-on sauvé ?








Les pratiques politiques qu’on se permet en Haïti dénotent une désinvolture qui contraste avec l’urgence que vit le pays. Qui aurait cru que le Premier ministre ratifié dans le contexte suivant les émeutes de juillet 2018 serait renvoyé six mois après son entrée en fonction ? Les petits coups tordus entre le Palais national et la Primature, la double interpellation de Jean-Henry Céant et les tractations de ce dernier laissent voir que l’intérêt commun est ici un vain mot. Et, le pays avance surement vers l’abime.

Haïti vient de confirmer qu’elle ne va pas manquer son rendezvous avec l’instabilité. Les autorités, malgré les conditions qui empoisonnent le quotidien des citoyens, continuent de privilégier leurs petits gains sur des accomplissements qui les rendraient fiers d’eux-mêmes. Incroyable que les parlementaires qui rechignaient à organiser les séances régulières se soient si vite réveillés pour se disputer une interpellation. En face, la population minée par la misère, l’insécurité et le désespoir trouve chaque jour un nouveau motif de se dégoûter des « brasseurs politiques ».

Avec la révocation d’un Premier ministre qui ne peut revendiquer aucun chantier six mois après son arrivée, le pays nage dans la confusion. Le contexte dans lequel a eu lieu ce changement de gouvernement fait craindre une longue période d’incertitude et, par conséquent, de nouveaux retards en matière de lutte contre la pauvreté. Pourtant 2019, au regard de la crise socioéconomique, financière et politique actuelle, devrait être le temps du redressement économique et institutionnel. Au milieu de cette mer mouvementée, aura-t-on sauvé quelque chose de cette année où il faudrait renouveler une bonne partie du personnel politique ?

Comme si l’inflation, le chômage, le massacre de La Saline et l’affaire Petrocaribe n’appelaient que des déclarations de bonne intention, les hommes et femmes politiques au pouvoir semblent n’être mus que par les facteurs qui les accrochent au pouvoir. En plein conflit avec le président de la République, le Premier ministre n’a pas hésité à sortir ses ultimes stratagèmes pour échapper à une motion de censure. Et, sans craindre de se couvrir de ridicule, les parlementaires ont accepté de se laisser manipuler par les deux branches de l’Exécutif. Adieu démocratie !

Peu importe les raisons qui expliqueraient une cohabitation difficile entre Jovenel Moïse et Jean-Henry Céant, la révocation de ce dernier plonge le pays dans une nouvelle zone de turbulences. Les réformes à amorcer devront encore attendre. Le mandat du président Jovenel Moïse s’épuise sans qu’aucune de ses promesses ne soit sur le point de s’accomplir. Tout compte fait, la motion de censure de la Chambre basse apparemment commanditée par le palais national n’aurait pas fait l’objet d’un calcul politique serein. Car, les raisons qui ont suggéré la nomination du leader de Renmen Ayiti n’ont pas pu changer en si peu de temps. Les mauvaises langues évoquent la suspicion d’un coup bas entre les deux hommes. Voilà à quoi s’adonnent les dirigeants du pays le plus pauvre de l’Amérique.

Kendi Zidor



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