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Le théâtre des oublis

Le théâtre des oublis








Depuis le long règne des deux Duvalier et hormis les mandats sans discontinuité de Préval et de celui de Martelly, les Haïtiens ont l’habitude des éruptions incessantes du système politique. À chaque fois, nous renouvelons notre fascination pour la plongée en apnée dans l’inconnu. On l’aura compris, à notre corps défendant, que l’État haïtien n’est pas assez outillé pour conduire les réformes capables d’anticiper les crises dangereusement proches du chaos.

Cette semaine, qui nous a valu le renvoi, le pourvoi en justice et le remplacement sévère d’un Premier ministre, est riche en enseignement. Le crash en bout de piste de la machine Céant n’a pas provoqué d’émoi particulier. Pourtant, la ficelle était énorme avec les commérages, les coups bas entre les deux têtes de l’Exécutif et les deux branches du Parlement.

Stratégies. Truquages, escamotages des principes, entre autres petites bassesses, n’ont pas soulevé les foules. Comme si la population avait choisi d’ignorer les destins croisés d’un Premier ministre en déshérence et d’un Parlement dans ses agitations généralement vaines.

En fin de compte et à bien réfléchir, les regards auraient dû être déplacés sur une centaine de mètres pour se rendre compte des véritables problèmes de la République qu’on essaie de cacher. À la Saline, dans l’environnement immédiat du Parlement haïtien, théâtre de l’absurde – pour nous autres qui ne comprenons pas toutes les subtilités du jeu politique -, des citoyens actifs et utiles sont les prisonniers des déficiences organiques d’un État qui s’enfonce tranquillement, mais surement dans le pourrissement.

Pendant que des institutions républicaines prestigieuses s’enlisent dans leurs affaires pressantes, une intempérie économique et sociale paralyse le marché de la Croix-des- Bossales, le port de Port-au-Prince et tout le quartier de la Saline. Pour les Haïtiens que nous sommes, il est superflu, voire inutile d’expliquer le rôle plateforme de ce quartier dans les activités économiques du pays. Les remous de la conjoncture et la vertigineuse emprise de l’insécurité sur la cité hypothèquent depuis près de deux semaines le fonctionnement du principal port de la République et le marché le plus important du pays.

Il est temps d’admettre qu’il faut ranimer la confiance des gouvernés. Personne ne peut aujourd’hui, en l’état actuel de la situation, miser sur les vertus analgésiques du renvoi du Gouvernement dirigé par le très people notaire Céant. Dans les prochains jours, comme le nouveau locataire par intérim de la Primature l’a reconnu, il est nécessaire de s’attaquer à l’effrayant problème de l’insécurité.

Sinon, les plus hautes autorités de la République, agents de l’Executif et parlementaires confondus, donneront la preuve par neuf qu’ils font peu de cas à la condition indigne des pauvres de la Saline et aux intérêts économiques des opérateurs et clients du port de Port-au-Prince et du marché de la Croix-des-Bossales.

Avec les changements obtenus au prix de tant de luttes politiques au Parlement, on ose espérer une petite étincelle intelligente, responsable et patriotique pour garantir un champ de manoeuvre à la population qui ne demande qu’à survivre.

Jean-Euphèle Milcé



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