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Sous les palmiers de Floride, souffle une brise de guerre froide !

Sous les palmiers de Floride, souffle une brise de guerre froide !








Le sommet de Mar-a-Lago entre le président des États-Unis et les chefs d’État d’Haïti, de la Jamaïque, des Bahamas et de Sainte Lucie participe d’un nouveau déploiement de la politique étrangère américaine dans la sous-région. Il s’agit, pour Donald Trump, de consolider l’axe anti-Maduro, d’envoyer quelques signaux aux pays qui l’ont aidé à isoler un peu plus le gouvernement qui tient encore fermement les rênes du pouvoir à Caracas.

Mais, en plus de la situation au Venezuela, Washington tente de contrer l’influence de la Chine populaire. Une puissance qui n’hésite pas à financer des mégas projets dans les pays avec lesquels elle entretient des relations diplomatiques. Jouissant de puissantes réserves financières, les fameux fonds souverains, Beijing a pu s’établir confortablement sur le continent africain et s’est faite une réputation de pourvoyeuse de ressources à des nations qui en ont urgemment besoin.

Il y a quelques mois, un vent de sympathie prochinoise avait soufflé sur la ville de Port-au-Prince à l’annonce d’un grand projet de reconstruction de la capitale détruit par le séisme et financé par une compagnie de la Chine populaire. Ce projet chiffré à trois milliards de dollars était sans commune mesure avec le prêt de 150 millions de dollars de Taiwan pour l’électrification de la ville.

Les Port-au-Princiens fatigués de vivre dans la poussière et les ruines de la catastrophe de 2010 voyaient cette annonce comme une bouffée d’oxygène pour une capitale agonisant sous les détritus. L’Amérique a grondé par la voix du sénateur Marco Rubio de la Floride et les dirigeants haïtiens ont fait le dos rond. Il n’était pas question pour l’administration américaine de laisser l’influence chinoise s’étendre dans la mare nostrum américaine.

Le communiqué de la Maison-Blanche annonçant la réunion avec les leaders de la Caraïbe avait dénoncé les « pratiques prédatrices chinoises ». La Chine est donc bien dans le radar des diplomates américains qui surveillent la région comme du lait sur le feu.

L’administration du président Trump a fait de la puissance asiatique sa rivale de l’heure. Un cran au-dessus de la Russie de Poutine. La guerre technologique entre les deux pays est déjà une réalité. Une cyber guerre peu connue du public, et révélée parcimonieusement dans les journaux américains, atteste du niveau des tensions entre les deux pays.

La Chine a affiché ces dernières années des performances remarquables sur le plan économique. Sa maîtrise actuelle de la technologie spatiale et le projet pas du tout anecdotique de faire pousser du coton sur la face cachée de la lune contribuent au renforcement de son prestige de grande puissance.

Même si Pékin est encore loin d´égaler la puissance des États-Unis, la modernisation et la sophistication de ses équipements militaires sont une source de préoccupation pour le Pentagone. Des sources du renseignement américain citées par le think tank, Crises.fr, affirment : « Nous estimons que les dirigeants chinois tenteront d’étendre la portée économique, politique et militaire mondiale du pays tout en utilisant les capacités de la Chine dans les infrastructures et l’énergie à l’étranger à travers l’initiative de la route de la soie pour diminuer l’influence américaine.

Justement le Président chinois Xi Jinping, entreprend une grande tournée en Europe autour de cet important projet commercial susceptible de renforcer le soft Power chinois, tout en marquant des points non négligeables sur le plan économique.

Les États-Unis ont augmenté les pressions sur l’acier chinois et sur des centaines d’autres produits infligeant de terribles morsures à une économie entrée en récession. Ce qui porte les dirigeants de l’Assemblée populaire du peuple à reconnaître que le commerce de leur pays évoluait désormais dans un environnement dur et complexe.

Dans cette compétition à l’échelle planétaire dont cette rencontre en Floride n’en est qu’une petite illustration, les petits poucets de la Caraïbe ont-ils les moyens de ne pas être autre chose que des figurants ? Déjà le Premier ministre de la Jamaïque émet le voeu que les promesses d’investissements ne s’envolent comme fétu de paille dans le vieux vent caraïbe. Il sait peut-être de quoi il parle !

Roody Edmé



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