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La paix des monstres

La paix des monstres








Ceux qui ont vécu les jours de février en ont gardé de mauvais souve¬nirs. Qui aiment les situations de guerre et d’insurrections à part ceux qui en profitent comme les marchands d’armes qui se frottent les mains chaque fois qu’un conflit dégénère en guerre sur un territoire donné ?

On ne peut vivre bien qu’en situation de paix et les meilleures affaires se font en général en temps de paix et quand un pays inspire la confiance grâce à sa stabilité et à la solidité de ses institutions. La paix aussi est toujours la résultante d’une gouvernance sérieuse, efficace, qui prévoit les conflits, les résout avant qu’ils n’atteignent une phase dangereuse, une gouvernance qui surtout fait de l’intérêt de la majorité sa boussole, indépendamment du fait que les dirigeants soient de tel secteur ou de tel groupe social quelconque.

Il y a un dicton qui dit aussi qui veut la paix prépare la guerre. Dans l’histoire du monde, chaque État voulant dominer un autre, il est donc logique que chaque communauté se dote des moyens pouvant dissuad¬er une agression. Ainsi, la paix serait-elle imposée par l’impossibilité d’un belligérant de prendre l’avantage sur un autre ou par la peur des destructions inacceptables qu’il subirait s’il procédait à une attaque.

Dans un milieu dénaturé comme le nôtre, où nous n’avons de dirige¬ants que de nom au vu des résultats et du triste spectacle qu’ils donnent aux citoyens qui devront cette fois lors des joutes électorales, la paix, après une période de trouble qui a frisé l’insurrection, n’est pas ce qu’elle aurait dû être. C’est-à-dire un moment d’introspection, de remise en question, de réflexion, de mea culpa afin de changer tout simplement de cap, toujours dans le bien de la communauté. Cette introspection ne se fera pas dans le but d’éviter à la nation de nouvelles explosions, mais dans le but de sauvegarder à tout prix le groupe au pouvoir et de main¬tenir ses privilèges. On distribue des armes, on peut même recruter des mercenaires, on renforce son emprise illégale sur des institutions dont l’indépendance est essentielle pour un bon fonctionnement de la démocratie. La Police nationale est en butte à un travail de sape pour la vassaliser complètement.

La plus grande menace qui nous pend au nez est cette histoire d’amendement constitutionnel par un Parlement qui a perdu toute crédibilité et dont une grande partie de ses membres, de notoriété pub-lique marchande son vote à l’Exécutif. On n’a plus affaire à des par¬lementaires, mais à autre chose. Certains parlent même de dictature parlementaire. Les derniers amendements ont été produits dans un cli¬mat de suspicion générale et, jusqu’à présent, planent sur la législature précédente et les exécutifs antérieurs des soupçons de production de faux et d’usage de faux. Aucune enquête de police n’a été diligentée. Qu’arrivera-t-il avec cette question de nouveaux amendements quand il est question de bandits légaux au pouvoir ? La nation haïtienne, la communauté caribéenne dans son ensemble pourront-elles accepter qu’une pègre se donne un outil légal pour sévir au beau milieu d’un espace civilisé en plein boom économique, avec tout ce que cela com¬porte pour la sécurité régionale et continentale.

André Lafontant Joseph dans un éditorial a pressé la sonnette d’alarme. Il serait même question pour le président de la République de monter une commission sur la question de ces amendements. Une commission qui sera bien sûr aux ordres de qui nous savons.

Ah ! Si les hors-la-loi du Far West dans le temps et le bon vieux Al Ca¬pone savaient les avantages qu’on pouvait tirer d’un bulletin de vote, ils auraient été heureux.

Gary Victor



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