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L’oreille vagabonde du président

L’oreille vagabonde du président








Réussir à trouver le profil convenable à un Premier ministre haïtien est apparemment une énigme à résoudre. Cet exercice est pourtant assez souvent répété ces dernières années. Outre le procédé constitutionnel qui consiste en des consultations entre les représentants des deux branches du Parlement et le président de la République, une idée novatrice vient d’entrer dans les pratiques. Le chef de l’État, rarement empressé par la conjoncture, se donne la peine de rencontrer des partis poli¬tiques et des représentants de la société civile pour avoir les idées plus claires. Ce mode opératoire, en plus de faire perdre du temps, ne dit pas son vrai nom.

Faut-il rappeler que les pouvoirs publics, en démocratie représentative, sont l’émanation de la société civile ? En ef¬fet, le mandataire de la nation ne devrait pas être tenté de rencontrer tous les groupes, tous les citoyens un à un. C’est l’essence même du principe qui veut que le Parlement, où les principaux partis politiques sont représentés, discute avec le chef de l’État, au nom des mandants, du profil du Premier ministre ou de toute autre question d’intérêt général.

Plus d’une semaine après la motion de censure contre le Pre¬mier ministre, Jean-Henry Céant, le président Jovenel Moïse, ne s’est toujours pas décidé à lancer les consultations offici¬elles pour le choix du prochain chef de gouvernement. À en croire le président de la Chambre basse, Gary Bodeau, il s’est plutôt engagé dans des « échanges conjoncturels » avec des représentants de la société civile et les partis politiques. Sont-ce des groupes que le Parlement n’est pas assez légitime à représenter ?

La dernière expérience a abouti à un fiasco. Le choix de Jean- Henry Céant obtenu à l’issue d’un processus assez long s’est révélé peu satisfaisant au bout de six mois. Disons plutôt que ceux mêmes qui ont vu en lui l’homme du moment ont tout fait pour le chasser peu après son entrée en fonction. Le Président avait-il écouté les mauvaises voix ? À trop vouloir obtenir le compromis idéal, avait-il été troublé par la cacoph¬onie de ses interlocuteurs trop nombreux ?

À la vérité, en dépit de cette oreille attentive que le président donne l’impression de tendre à chaque secteur de la vie na¬tionale, le cercle des discussions se rétrécira à mesure que s’approchera le moment de couper le gâteau du pouvoir. Les vautours conserveront leur préséance. De cette volonté de dialogue, il ne restera que les photos de souvenir. Et, loin de toute élégance, le choix se fera selon la volonté des plus puissants au parlement et dans l’entourage du président de la République. Les fameux critères énoncés dans la presse ne tiendront plus la route. Ce scénario, à force de se produire, devient prévisible.

Malgré les retards accumulés en matière de lutte contre la pauvreté, le pays reste prisonnier de la politicaillerie. Les tâ¬tonnements, les hésitations à diriger et les tractations pren¬nent le dessus sur toute velléité d’instaurer la stabilité insti¬tutionnelle. On s’attendait à voir mieux sous l’administration de celui qui, en campagne, disait : « la stabilité est le premier des biens publics ».

Kendi Zidor



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