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La ronde des requins

La ronde des requins








Les élections législatives qui devraient se tenir en novembre prochain semblent plus que problématiques. La situation sécuritaire, avec les armes illégales en circulation sur le territoire, armes souvent détenues par des parlementaires, les groupes armés infestant certaines zones, le jeu des maffias de tout genre pour maintenir un chaos rentable et un pouvoir de bandits légaux qui ne cachent pas sa volonté de perdurer cinquante années avec la complicité de certains étrangers faisant aussi leur beurre dans cette mare, ne joue qu’en faveur de la réalisation frauduleuse que l’international s’empressera certainement de reconnaître. L’agenda de l’international tient uniquement à la forme. Le fond c’est le quotidien d’une population plongée dans le marasme le plus complet.

Le fond aussi c’est le spectacle pitoyable qu’offre une gouvernance qui ne peut se prévaloir que du nom. Le Parlement, pilier de toute démocratie, est réduit à sa plus simple expression avec les multiples scandales révélés sur la place publique. En fait, on ne révèle plus rien. La corruption s’étale comme si c’était la norme. Nous sommes dans une société où on peut fréquenter corrupteurs, corrompus, bandits, contrebandiers, assassins, violeurs, comme si de rien n’était, et ceci dans les plus beaux salons, s’il peut exister ces beaux salons. On ferme les yeux, on n’a plus besoin de se pincer les narines, car des mauvaises odeurs dans cet environnement aussi dégradé que le nôtre, on est arrivé à s’y habituer. Le jeu ne se résume plus qu’à magouiller, qu’à faire courbettes et génuflexions devant ceux qui détiennent pouvoir, argent et armes pour rafler des miettes qui vous mettront à l’abri des péripéties du quotidien.

Dans cette gouvernance nulle, on ne fait que perpétuer une longue tradition de médiocrité, de mépris pour la population qu’on aimerait bien voir s’exiler sous d’autres cieux. Car, cette masse noire qu’on a ségrégée depuis 1804 devient de plus en plus dangereuse. Si on ne la vend plus comme braséros en République dominicaine, le Chili avait été une bouffée d’air pour ce système assassin. Malheureusement, le Chili a fermé ses frontières. On reprend donc la mer comme au temps des Duvalier. Ah ! Sous les Duvalier c’était aussi la grande misère, le grand désespoir. Ne se souviennent pas de Cayo Lobos et de nos compatriotes qui débarquaient sur les côtes de Miami que ceux qui ont intérêt à faire croire que les choses en ces temps ténébreux étaient roses. Ils sont pourtant bien roses aujourd’hui avec ces temps où des nostalgiques se prélassent dans leurs prébendes et rêvent d’un vrai retour en fanfare.

Des compatriotes ont encore péri en mer. Ce drame serait passé inaperçu sans l’intervention des garde-côtes étrangers et sans les cris de la presse internationale. Ceux qui sont morts en mer ne sont rien dans ce système d’apartheid qui ne dit pas son nom… On peut bien mourir à La Saline, à Grand Ravine, à Decayette. En musique une blanche a plus de valeur qu’une noire. Mais la noire en musique a quand même autant d’importance que la blanche. Sauf que chez nous, le blanc et le noir c’est toute autre chose. Le noir c’est la ségrégation tout simplement.

Gary Victor



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