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Oh Justice, réveille-toi !

Oh Justice, réveille-toi !








La soif de justice des communautés haïtiennes s’aiguise à la même vitesse que s’accélère la déchéance des institutions publiques. Des dossiers encombrants, des cas non résolus s’empilent. L’État de droit, promis par les uns et les autres, semble n’avoir été qu’un mirage. Le pays tout entier attend toujours de voir la femme aux yeux bandés se réveiller de son profond sommeil.

Les plus optimistes diront que les défis du système sont si nombreux que les progrès risquent de ne pas s’apercevoir du jour au lendemain. Mais, en réalité, que vaut une justice si elle ne peut inquiéter les méchants ? De l’assassinat de Jean Léopold Dominique au massacre de La Saline, plus de dix années d’intervalle, les bourreaux gardent leur toute-puissance. La communauté juridique ne peut se réjouir que de faibles victoires qui se perdent dans un océan des déceptions.

Une décennie nous sépare du meurtre de Jean Dominique et les assassins ne se sentent pas inquiétés. Cinq mois depuis que des assaillants s’acharnent sur les modestes familles de La Saline, les autorités judiciaires n’ont toujours pas fait signe de vie. Les commissaires se suivent, les mandats de juges se renouvellent, mais la justice fait du surplace.

La lutte contre la détention préventive prolongée devient un prétexte pour s’agiter et donner l’impression qu’une réforme est en marche. Le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Paul Eronce Villard, qui tarde à faire son premier pas dans l’affaire des familles massacrées de La Saline, se félicite pourtant du bilan de ses interventions au profit des détenus. Ces derniers ont des droits qu’il faut respecter, reconnaissons-le. Mais pourquoi ne pas manifester le même dévouement à faire arrêter les hors-la-loi, les meurtriers et les corrompus de toutes sortes ?

Peu importe la bouche qui le dit, il est évident qu’ « un pays sans justice est une rivière sans eau ». Cette citation qui semble servir aujourd’hui à des discours politiciens est une vérité irréfutable. Quand se réveillera la femme aux yeux bandés, elle fera trembler les coupables de quelque camp que ce soit. Les dilapidateurs de fonds publics, les évadés fiscaux, les meurtriers et leurs patrons se trouveront de l’autre côté de la barrière.

La paralysie de la justice haïtienne, oeuvre savamment exécutée par des hommes politiques qui se sont succédé au pouvoir ces dernières années, risque de précipiter la course du pays vers le règne de l’inacceptable. Pendant que nos juges et avocats se bouchent les oreilles face aux cris des victimes de la terreur, des parlementaires américains rappellent que les pauvres ont aussi une âme et méritent justice. Si les citoyens qui ont encore le courage et la décence de le faire ne tapent pas du poing sur la table, l’image du pays ne va-t-elle pas se résumer aux gangs qui se font la guerre et les cochons qui dévorent la chair humaine ?.

Kendi Zidor



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