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Feuilleton de la honte

Feuilleton de la honte








Du cafouillage total dans la gestion des détails du quotidien, la République a sombré dans le détail des faits facétieux. Avant-hier, le commissaire du gouvernement du Parquet de Port-au-Prince a décortiqué les dessous de son volontarisme et des résultats associés dans un lyrisme triomphal. Encore avant hier, la Police a failli se faire passer pour un corps de professionnels patriotes et héroïques. Pas moins de 500 personnes ont été interpellées durant le premier trimestre de l’année calendaire pour des actes criminels et délictueux. 6 bandits ont connu la sentence suprême, soit la mort, pour avoir tenu tête à la Police.

Et voilà qu’aujourd’hui, les couacs de la Police, lors de la dernière opération pour appréhender le désormais tout-puissant chef de gang Arnel Joseph, viennent contrarier et contredire le plan figé de communication de la Police. Le cas Anel Joseph contre la société, à travers la Police, a fini d’agacer. Actuellement, personne ne sait s’il faut en rire ou en pleurer. Il s’agit, de toute vraisemblance, d’un feuilleton qui promet encore plus de rebondissements dans les épisodes à venir.

Certes, l’affaire est sévèrement honteuse pour la Police incapable de mener à bien une opération sur le territoire national qui n’est officiellement ni en guerre ni en état de sécession. En d’autres termes, qu’elle convie en conférence ou qu’elle opère sur le terrain, la Police galère. Et, c’est grave ! Les voitures neuves, les agents aux souliers cirés placés à chaque carrefour pour quadriller « la ville » et protéger les citoyens participent à une théâtralisation de la sécurité qui, loin d’émouvoir ou de rassurer, fait pitié. La Police risque d’encourager qu’elle soit toujours perçue comme un corps de gamins qui s’éclatent avec leurs jouets, y compris la vie de ceux qu’ils n’aiment pas, dirigés par des entrepreneurs politiques. En clair, les policiers les plus inoffensifs et les plus utiles pourraient être ceux qui rançonnent respectueusement les automobilistes et exigent que les filles leur laissent leur numéro de portable.

À la place du miracle espéré dans l’État aux caisses vides, un chef de gang impose un canonnage nourri à des unités spécialisées de la Police qui ont osé aller réveiller un nid de guêpes à Marchand Dessalines. Comme dans une mise en évidence et une appropriation du symbole de résistance face aux forces coloniales, le « leader » (puisque les circonstances et certains acteurs importants le traitent ainsi) a promis l’enfer à l’imprudente institution policière. À Marchand Dessalines, les troupes mobilisées par un chef de gang et une partie de la population peut-être sont en train d’en découdre avec la Police. Avec la République de droit, par ricochet.

Mais il faut comprendre que les Haïtiens se sentent humiliés pour ceux qui ont peur au point d’arrêter de réfléchir, d’espérer et d’émettre des sentiments.

En croyant, depuis des années, pouvoir acheter les votes, l’amitié et la protection des leaders de quartier, les apprentis sorciers qui occupent l’espace politique ont créé la République quasi ingérable.

En tout état de cause, la farce propose son côté obscur. Les approximations de la Police ne font qu’étendre le feu. Et les citoyens rêvent de le voir éteint. Quitte à payer la facture de l’éparpillement des cendres et du grand nettoyage.

Jean-Euphèle Milcé



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