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Le mal qui répand la terreur !

Le mal qui répand la terreur !








La question de l’insécurité est depuis longtemps un problème qui menace les fondements de notre société. De nos jours cependant, son ampleur et ses nouveaux contours réclament un sursaut national.

Le phénomène de la terreur entretenue par les bandes armées prend des proportions nationales et il semble désormais n’épargner aucun quartier ni aucune région du pays. Le plus inquiétant est lorsqu’une bande est pourchassée par la police en un endroit, elle peut trouver refuge et appui logistique dans d’autres villes. C’est ainsi que l’on assiste de nos jours à la « saga Arnel ». Ce chef de bande réputé est en train d´écrire sa légende au nez et à la barbe des autorités. Il devient insaisissable et ne se contente plus de son fief du village de Dieu. Un jour, il fait le coup de feu au bord de mer, suffocant le poumon économique de la zone métropolitaine, un autre jour, on le signale quelque part dans les marécages et rizières de l’Artibonite.

Les opérations combinées de la Police haïtienne et d’agents onusiens n’arrivent pas à mettre fin à ses activités, voire les limiter. Celui qui se déclare un « bandit révolutionnaire » redessine l’épure du maquis haïtien en le soustrayant au contrôle des autorités gouvernementales et étatiques. Sa puissance de feu et sa capacité à passer dans les mailles du filet tendu par la PNH ne laissent aucun doute sur les complicités multiples qui accompagnent sa légende. Il est devenu un des chefs de gangs les plus médiatisés. Sa communication avec le public est à la fois directe et sophistiquée, comme s’il disposait de ses propres attachés de presse. Certaines séances du Parlement se déroulent autour de sa personnalité et de ses actions qui influencent le landernau politique.

L’aura médiatique autour de son nom suscite des vocations douteuses chez des jeunes désoeuvrés de nos bidonvilles. Le constat est fait dans les pays du Triangle d’or en Amérique latine, où l’insécurité fait rage, les bandits de seconde génération deviennent plus violents que leurs modèles. Tout le monde sait que la pauvreté et la corruption sont les deux mamelles nourricières de cet ensauvagement. Or, la situation ne s’améliore pas.

La Conférence épiscopale a sorti cette semaine une note à l’adresse des autorités. Pour des prélats rompus au discours diplomatique, cette nouvelle déclaration, par son côté mordant, donne toute la mesure de la frustration du haut clergé. En effet, les évêques affirment : « Depuis la fin de l’année 2017, nous n’avons cessé d’élever la voix pour attirer l’attention des autorités constituées du pays sur la situation alarmante de la vie en Haïti. En juillet 2018, nous les avons poussées à prendre des mesures pour arrêter l’escalade de la violence et de la faim. Mais, elles n’y ont pas prêté attention ». Et, les évêques de dénoncer avec vigueur ce qu’ils appellent « l’indifférence et l’inertie déconcertantes et inacceptables des responsables publics ». Désormais, les prélats ne semblent plus se résoudre à faire dans la dentelle. Signe des temps. Cette attitude renseigne sur le niveau d’angoisse qui étreint l’opinion publique dans son ensemble.

Une situation qui alarme d’autres secteurs de la société civile qui se font fort de dénoncer le manque de fermeté et de détermination des pouvoirs publics sur une question aussi stratégique que le maillage du territoire par les bandes armées. Un de nos correspondants dans le Nord nous signale que certains camions d’approvisionnement en produits alimentaires sont restés bloqués dans les gares, en raison de la crainte de pillage sur les routes. Toute chose qui, en plus des problèmes de dévaluation de la gourde, contribue au renchérissement de la vie dans nos marchés régionaux.

Il ne fait plus de doute, si rien n’est fait pour stopper cette dérive, le pays va s’arrêter de fonctionner en raison de la paralysie lente, mais fatale des activités économiques.

L’opinion publique, incluant les différentes organisations de la société civile (secteur privé, syndicats, groupements religieux, etc.) doivent faire plus que constater la menace. Elles doivent faire pression sur les pouvoirs publics qui sont censés garantir la sécurité des vies et des biens. Nous ne pouvons plus rester paralysés par le danger, comme un lapin pris dans les phares d’une auto sur la route.

Roody Edmé



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