S'identifier Contact Avis
 
25.07° C
  à Port-au-Prince
Radio Pacific 101.5 fm - En direct
Le Journal Dernière heure Actualité Édito Tribune Société Économie Culture Diaspora Sport rpacific101.5 FM  
× Immobilier Appartements Maisons Locaux commercial Locaux pour Bureau Terrains Véhicules Voitures Camions Tout Terrains Minibus Motos Divers Animaux Articles ménagers Ordinateurs et pièces Équipement électronique Équipement industriel Équipement lourd Diverses études Légal Bijoux et montres Smartphone et tablettes Vêtements Jeux video
L’enjeu des 22 mois de campagne

L’enjeu des 22 mois de campagne








Quand sera venu le moment pour le président Jovenel Moïse de quitter le Palais national, on aura une longue liste de reproches à lui faire. Certains lui en voudront pour ses promesses non tenues, d’autres lui reprocheront au sujet de ses choix diplomatiques controversés. Mais au moins, on reconnaitra son dévouement, sa dévotion et même son obsession pour le « dialogue ». En effet, le chef de l’État se donne la peine de consulter la classe politique et la société civile dans chaque circonstance même quand il en connait déjà l’issue.

Sur un ton plus sérieux, va-t-on dire que le choix de Jean Michel Lapin comme chef du prochain gouvernement est le résultat des « consultations » et des « échanges conjoncturels » menés au lendemain de la motion de censure contre Jean-Henry Céant ? S’il est vrai que le nom de l’ancien directeur général du ministère de la Culture n’est associé à aucun conflit, mais il n’en reste pas moins que le concerné dispose d’un capital politique assez vierge. Mais, ne jugez pas le grain de poivre à sa petitesse. Ce membre du gouvernement démissionnaire qui a de bons amis au Parlement a fait son entrée dans le cercle des plus fidèles alliés du chef de l’État au prix, dont on ne sait quel exploit.

La trame de l’histoire comprenant les motifs non avoués de la révocation de Jean-Henry Céant laisse comprendre que Jovenel Moïse serait, de toute façon, hésitant à nommer un homme politique issu de l’opposition à la tête de la Primature. Le fauteuil présidentiel qu’il a obtenu après « 22 mois de campagne », il jure de le garder contre vents et marées. Les considérations de ses interlocuteurs qui lui conseillaient de regarder plus loin que son entourage étaient rejetées d’avance.

Si tout se passe bien au Parlement, l’accession de Jean Michel Lapin au poste de Premier ministre représentera un accomplissement spectaculaire pour celui qui a débuté sa carrière dans l’administration publique au poste de messager. Toutefois, le leadership de Jovenel Moïse risque de ne pas en bénéficier grand-chose. À part le fait de connaitre les rouages administratifs et les détours possibles, M. Lapin ne pourra pas imprimer sa marque sur l’orientation des politiques publiques. Choisi pour son profil de simple exécutant, il devra donc s’inscrire dans la ligne de la continuité. Mais qu’est-ce qu’il y a à continuer ?

Au milieu d’un quinquennat à sauver, Jovenel Moïse devrait se rendre compte qu’il n’a toujours lancé aucun projet dont l’accomplissement pourrait lui valoir une reconnaissance nationale. À part les petites réalisations éparses de la Caravane du changement qui n’ont aucune retombée significative en termes de développement durable, les déplacements quasi quotidiens et les discours teintés d’arrogance n’étaient que de simples agitations. À quand le virage ?

L’enjeu du moment ne devrait pas se résumer à jouir des résultats des 22 mois de campagne. C’est plutôt de réussir à redresser la situation globale du pays minée par la mauvaise gouvernance et plus que jamais menacée par l’effondrement économique. Pris de court par les événements, Jovenel Moïse, dont le temps semble être un mauvais allié, risque de sortir par la petite porte. Pour échapper une sanction sévère, il devra se mettre à l’écoute, arrêter de simuler des réformes et commencer à diriger avec les compétences dont le pays dispose.

Kendi Zidor



Articles connexes


Afficher plus [934]