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Les résiliences assassines

Les résiliences assassines








Le pays va bien. Rares sont les dirigeants qui diraient le contraire de leur pays. Les plus intelligents, en général, peuvent mettre un bémol en cherchant des justificatifs à des promesses non tenues ou à des échecs patents. Les plus malhonnêtes peuvent accuser l’opposition.

Le pays va bien quand l’avenir, dans la courte lunette de ceux au pouvoir, est assuré. Avenir qui se décline surtout en privilèges. Les nations qui ont une histoire avec des élites, pour qui cette histoire n’est pas ni roman ni un joint à faire sniffer à un peuple pour l’endormir dans sa crasse, ont heureusement assez de moyens et de forces pour éviter que des dirigeants sots ou corrompus n’entraînent toute la société dans l’abîme. Pour cela, ces nations se dotent d’institutions fortes. Chez nous, avec l’intelligence dans le mal que certains ont si bien peaufinée, il n’y a pas d’institutions capables de faire obstacle à l’appétit sans cesse grandissant des prédateurs.

Ce qui étonne dans notre grande dérive, c’est cette résilience si malhonnêtement vantée par les étrangers. Nous faisons preuve d’une capacité d’adaptation incroyable à l’absurdité, aux situations provoquées pourtant par les loups dans la bergerie. L’explosion logique est évitée justement à cause de cette résignation et de cette capacité à contourner des obstacles placés devant nous justement pour nous achever, pour nous forcer à tout accepter pendant que le pays s’enfonçant toujours dans sa crasse, des bandits devenus légaux s’enrichissent pour aller se la couler douce à l’étranger.

La rareté (provoquée ?) de la gazoline illustre parfaitement cette résignation et notre aptitude non seulement à accepter l’inacceptable, mais surtout à développer chaque fois des talents pour survivre. Cette situation qui perdure depuis des mois dans le pays aurait dû mettre à mal un gouvernement qui ne gère rien, incapable de la moindre politique pour rendre le quotidien des citoyens plus vivables. Mais pendant que la plupart des stations d’essence affichent la panne sèche, on remarque des embouteillages effarants sur certaines artères de la capitale. Les automobilistes auraient-ils trouvé un moyen de s’approvisionner ? Gèrent-ils leurs parcours de manière à ce que le contenu de leur réservoir puisse durer le plus longtemps possible ? Pendant ce temps du côté des autorités c’est le silence le plus complet. Des théories de complot circulent. Tentatives d’éliminer certaines compagnies aux bénéfices d d’autres proches du pouvoir ? En plein dans la Caraïbe, proche d’une Amérique latine qui prend à grands pas le chemin de la modernité, nos hommes politiques et une grande partie de nos élites se complaisent dans un kokoratisme qui s’étale partout, dans tous nos quartiers et même dans nos salons les plus huppés.

Va-t-on s’en sortir ? Bien sûr qu’il faut être optimiste. La gestion des sociétés à ces lois. Sauf que nous avons toujours eu au pouvoir des gens pour qui l’avenir n’existe pas. Les générations à venir un vain mot. Comment l’histoire vous jugera-t-on ? On s’en fout. Seule la jouissance de l’exercice du pouvoir au quotidien a une importance. Les misères des citoyens au jour le jour laissent indifférents. Dans ce déni d’humanité, on peut contempler vraiment la flamboyante animalité de ceux qui n’ont aucune gêne à s’affubler du titre de bandits légaux. Surtout quand l’étranger applaudit, heureux de cet exemple d’échec d’une nation qui avait voulu, du moins dans les discours d’une élite, servir d’exemple au monde.

Gary Victor



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