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La fin programmée d’un lanceur d’alertes

La fin programmée d’un lanceur d’alertes








Ce n’était qu’une question de temps. Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, ce média d’un autre genre qui a révélé au grand jour les secrets les mieux gardés au monde, a été arrêté le jeudi 11 avril dernier à l’Ambassade de l’Équateur. Sept ans depuis que dure sa « cavale », un peu particulière. Cloîtré dans une mission diplomatique pour échapper aux investigateurs suédois, britanniques et américains.

La vérité est que le lanceur d’alertes australien est celui par qui le scandale arrive sur une base régulière. La diffusion par Wikileaks de milliers de documents du département d’État américain avait mis une pagaille pas possible dans les relations entre les États- Unis et leurs alliés. L’opinion publique choquée était du jour au lendemain informée des ressorts secrets de la gouvernance planétaire. La diplomatie mondiale ne pouvant avancer que masquée, les informations du site créé en 2006 troublaient au plus haut point les intérêts des puissants de ce monde.

Le modèle Wikileaks a entretemps fait école. Il est devenu une manière subversive d’informer l’opinion sur les initiatives secrètes des gouvernements. C’est ainsi qu’à partir du 5 juin 2013, Edward Snowden rendait publiques des informations ultra confidentielles de la NSA concernant la captation des métadonnées des appels téléphoniques aux États-Unis ainsi que les systèmes d’écoute sur internet de divers programmes de surveillance mis en place par les services de renseignement américain, britannique et néo-zélandais.

Edward Snowden a révélé qu’il a agi ainsi pour « informer le public de ce qui est fait en son nom et ce qui est fait contre lui ». Depuis, Snowden lui aussi traqué, se trouve réfugié finalement quelque part en… Russie. On s’imagine que les États les plus puissants finirent par faire alliance pour mettre fin au « danger » que représentent ces lanceurs d’alertes pour leurs objectifs mondiaux. Ces génies de l’informatique ont les connaissances nécessaires pour aller fouiner dans les cavernes numériques où sont enfouies les données interdites au public. L’arrestation de Julian Assange et la traque de Snowden doivent, aux yeux des maîtres du monde, servir d’exemples pour décourager de nouveaux « pêcheurs en eaux troubles ».

Wikileaks a évolué au fil des ans. Il s’est transformé en un organe de pression et d’influence, manipulé, dans certaines circonstances, par des sites d’extrême droite. Après la diffusion de courriels du département d’État américain en 2010, le site d’information fit sensation en publiant des e-mails internes du Parti démocrate. Certains médias « alternatifs » comme le Slate ont relevé dans leurs commentaires une certaine « communion de pensée entre Wikileaks et des sites de la droite dure américaine, comme Infowars, Breitbart et Drudge report ».

Aussi, Julian Assange a-t-il participé consciemment aux théories du complot anti- Clinton ? A-t-il aidé certains sites proches du candidat républicain à « assassiner » le caractère de la candidate démocrate ?

En tout cas, il a été prouvé que les « fake news » et les informations internes du Parti démocrate diffusées au plus fort de la campagne présidentielle ont en bonne partie contribué à l’échec d’Hillary Clinton.

Les informations de Wikileaks et même certaines analyses produites sur le site ont considérablement assombri le portrait de la candidate démocrate, qui ne brillait pas déjà de mille feux.

Entretemps, l’Équateur change de gouvernement, et Julian Assange perd un allié en la personne de l’ancien président Rafael Correra. Quito n’a plus les mêmes dispositions vis-à-vis de l’encombrant réfugié qui est devenu au fil des mois, un prisonnier. Sentant le piège qui se referme sur son fondateur, Wikileaks publie des documents confidentiels révélant une affaire de corruption qui éclabousse la famille du nouveau Président équatorien. Des pots de vin distribués par une compagnie hydro-électrique chinoise d’environ 18 millions de dollars auraient été transférés via une société offshore à une dizaine de sociétés-écrans appartenant à Edwin Moreno, frère du nouveau Président.

Le gouvernement équatorien a donc décidé, au nom de la raison d’État, d’enlever sommairement à cet empêcheur de tourner en rond, la nationalité équatorienne.

L’affaire a vite été réglée entre diplomates des deux hémisphères. La saga Assange prend aussitôt fin. Avec certainement une grande inconnue. Qui est réellement Julian Assange ? Un martyr de la liberté d’expression ou un Don Quichotte du numérique ? Un défenseur du droit à l’information ou un homme désespéré qu’un internement forcé aurait rendu paranoïaque ? Toujours est-il que son cas laisse ouverte la question de l’accès limité ou nom aux informations relevant des pratiques secrètes des pouvoirs.

Quoi qu’il en soit l’affaire n’est pas terminée, surtout si elle est suivie d’une extradition aux États-Unis.

Roody Edmé



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