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Feux rouges

Feux rouges








Des rares feux rouges fonctionnent encore. À des carrefours importants du réseau routier, il ne reste plus grand-chose de ces installations si importantes pour la circulation automobile. On s’était empressé de les installer. Sans doute, un proche du régime d’alors avait obtenu le contrat pour la fourniture de ces sémaphores. Mais, comme chez nous on ne pense qu’au présent immédiat, personne ne s’est préoccupé de l’entretien de ces équipements.

C’est comme si nous avions une impossibilité viscérale à gérer le bien, le beau, tout ce qui peut profiter à la communauté. Tout se dégrade dans l’indifférence générale desdites autorités, du je-m’en-foutisme de ceux qui profitent du pouvoir et de ses privilèges derrière les murs de leurs villas ou de leurs hôtels construits parfois avec des fonds de provenance douteuse. Il y a aussi la torpeur des citoyens, une torpeur qui est aussi une fatigue, un découragement, un dégoût pour ce pays à qui ils donnent leur sueur, mais qui en retour ne leur offre rien, car ce qu’il a à offrir a été victime depuis belle lurette d’un hold-up à nul autre pareil.

C’est quand même scandaleux qu’une capitale comme Port-au- Prince ne puisse se doter de ce minimum que sont les feux de signalisation. Les économistes dans leur analyse parlent souvent du manque d’argent de l’État. Mais, les questions de priorité, de volonté, de vision, ne sont jamais abordées. Combien coûtent l’installation, le fonctionnement et l’entretien des feux de signalisation ? L’installation, le fonctionnement et l’entretien des feux de signalisation permettent-ils au gouvernement de consolider son pouvoir toujours contesté par ces politiciens de l’opposition à l’affut de moindre faux pas ? Et, c’est toujours là, la question principale. La priorité revient toujours à la consolidation d’un pouvoir qu’on voudrait à vie pour ripailler. Et dire qu’on a tant vilipendé les Duvalier !

Alors les lieux de pouvoir, quels qu’ils soient, sont les seuls qui ont la priorité. Les gangs sur les écoles nationales dans un pitoyable état. Le Parlement sur la santé de la population. Les feux de signalisation ne sont qu’un petit détail, mais un détail combien important qui prouve l’absence totale d’une gouvernance au profit de la collectivité !

Les feux de signalisation régissent la circulation à la fois des véhicules et des piétons sur la voie publique. Ils sont donc un dispositif pour le mieux vivre et ensemble dans un souci de performance. C’est un dispositif qui rappelle aux citoyens qu’ils ne sont pas dans une jungle, mais dans un espace régi par des lois.

Le spectacle est déplorable, à un carrefour, à une heure de pointe où les feux ne fonctionnent pas et où aucun policier n’est présent pour assurer un passage convenable des véhicules. Les conducteurs deviennent de véritables sauvages, créant deux, trois lignes, jusqu’à aboutir à des bouchons terrifiants. Cerise sur le chaos, lesdits officiels qui n’acceptent surtout pas d’être à la même table que le citoyen ordinaire ! Parfois, on assiste à ce scénario même avec la présence policière qui ne sévit pas comme si on avait peur, comme au temps de la dictature, qu’un simple citoyen en apparence ne soit un chef ou n’ait une accointance quelconque avec un politique ou un gang tout simplement.

Les feux ne fonctionnent plus. C’est partout qu’ils ne fonctionnent plus. Il faudra bien que quelqu’un, une nouvelle équipe se fasse élire pour remettre les choses en ordre. Ce désordre, ce culte pour la médiocrité, l’ignorance et le kokoratisme, de plus en plus de citoyens le rejettent.

Gary Victor



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