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Demen nou pap la

Demen nou pap la








Le prix du gaz propane a augmenté sans que cela ne soulève la moindre protestation. Il y a tant de choses qui vont mal dans ce pays. Des choses qui mettent en danger la vie de chacun de nous. La nation est sur les genoux. Mais, ce silence autour du prix de ce combustible démontre à la fois la nullité de notre gouvernance et aussi cette sorte de démission ou d’impuissance d’une société civile, comme résignée à survivre au jour le jour en attendant le naufrage final, ne faisant que se plaindre de la situation, mais incapable de prendre le risque de se mettre ensemble pour s’attaquer aux vrais problèmes.

Depuis des décennies, le déboisement est une question critique. En fait, c’est une question de sécurité nationale ce qu’ont compris nos voisins dominicains qui ont pris les mesures qui s’imposent. Chez nous ont été initiés plein de projets de reboisement. Certains, bidons comme d’habitude, sont des prétextes pour siphonner l’argent de la coopération internationale avec souvent la complicité des mêmes donateurs. D’autres, plus au moins sérieux. Mais, tous butant sur un illogisme flagrant. Comment faire du reboisement quand on ne s’évertue pas au moins à faire en sorte que la couverture végétale se stabilise même à un niveau minimal ? Pour cela, il aurait fallu soit interdire tout simplement la coupe du bois, soit la maintenir sous un certain contrôle. Absolument rien. Ce n’est pas un sujet d’intérêt pour nos gouvernements. La Grand-Anse, seul département avec un reste de couverture végétale intéressant, dit-on, est visitée par des sortes de pirates qui viennent parfois très loin, de l’Artibonite par exemple pour couper du bois et fabriquer du charbon. Le commerce de charbon de bois est à son beau fixe en témoigne ces camions surchargés de sacs, des voiliers transportant ce combustible qui devrait être maudit dans la situation où nous sommes.

L’envolée du prix du propane va profiter au commerce du charbon de bois avec des conséquences dramatiques sur la couverture végétale. Nos montagnes exposent en de nombreuses parties de notre territoire le désengagement de nos politiques en tout ce qui concerne l’intérêt national. La fragilité de notre environnement n’est que le reflet de la nullité de cette matière grise que des élections souvent crapuleuses ont catapulté à la direction d’un pays qui a besoin d’une qualité de gouvernance exceptionnelle pour s’en sortir.

Le discours politique est donc loin de la réalité qui devrait le concerner. On perd un temps précieux en palabres, en arguties stupides, la politique devenant un jeu de coquins et de voyous où le seul objectif est de profiter des rares ressources qui nous reste. La presse, qui devrait sans cesse rappeler l’urgence de la situation et empêcher de ce fait aux brasseurs de vide de nous perdre dans les dédales de leur folie, participe malheureusement à ce jeu suicidaire.

On tend un billet de mille gourdes pour une bonbonne de gaz propane et on vous remet cent gourdes. La plupart des ménages vont se ruer encore plus sur le charbon de bois. Cet éditorial doit paraitre bien plat pour nos hommes au pouvoir. Et puis, dans quelques années, nou p ap la ankò. Alors quelle est cette histoire de se soucier de l’environnement quand on ne sera plus concerné. La gouvernance chez nous c’est cela. Jouir maintenant. Tout simplement. Demain n’existe pas.

Gary Victor



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