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Nos « honorables » fardeaux

Nos « honorables » fardeaux








Déjà huit mois depuis le début de l’année fiscale, le pays n’est toujours pas doté de budget. Les parlementaires, prétextant qu’ils sont menacés par le climat de violences qui règne aux abords du Palais législatif, sont de moins en moins présents à leurs postes. Le temps a passé sans qu’ils ne s’en rendent compte. Et, c’est déjà à la fin de la première session de l’année législative.

Les députés partent en vacances ce lundi 13 mai 2019, comme le veut la Constitution. Une session s’achève, mais ils ne peuvent revendiquer aucun bilan significatif. À part la motion de censure contre l’ancien Premier ministre, Jean-Henry Céant, et le vote de la proposition de loi sur le salaire minimum, rares sont les actes législatifs accomplis par la Chambre basse au cours de ces derniers mois.

Quant à la séance expéditive du 18 mars pour renvoyer le gouvernement de Céant, elle a été la plus mémorable. Car, aucune cause, quel que soit son enjeu pour la nation, n’a, depuis un certain temps, récolté un vote aussi massif que celui de ce jour-là. Pourquoi ne se montrent-ils pas aussi déterminés dans les démarches pour la ratification d’un nouveau Premier ministre ? Il faut donc croire que nos parlementaires sont plus intéressés à leurs petites combines et à leurs guerres de chapelles qu’à la réalisation des promesses sur la base desquelles ils se sont fait élire, celles en faveur de l’amélioration des conditions de vie de leurs mandants.

La fonction de contrôle a été complètement négligée. Les commissions permanentes sont restées dysfonctionnelles. Ce qui a empêché l’Assemblée de questionner les autorités gouvernementales sur les multiples problèmes qui préoccupent les communautés d’ici et de la diaspora. Ni la prolifération des gangs, ni la décote accélérée de la gourde, ni l’approche des échéances électorales n’ont pas suffi à secouer les députés.

Bizarre ! Malgré leurs faramineux salaires et privilèges qui contribuent à assécher le trésor public, les députés, comme leurs camarades de la chambre haute, ne parviennent pas à se concentrer pour épuiser un agenda législatif. L’absence de lois dans de nombreux secteurs d’activité demeure pourtant criante. Les outils légaux pour faire face à de nouvelles formes de criminalité, institutionnaliser la protection sociale ou encore rendre sures les transactions électroniques ne font pas partie des préoccupations des petits princes du bord de mer.

Au terme du mandat de la cinquantième législature, les enjeux électoraux sont le seul souci des parlementaires. Les ressources de l’État utilisées, sans le moindre scrupule, à des fins de campagne leur ouvriront les portes de leur réélection. En dépit des doutes qui entourent la réalisation des prochaines compétitions, c’est cette bataille qui mobilisera toutes les énergies au cours de la prochaine session qui débute en juin. On peut s’attendre à rencontrer les « honorables » davantage dans les ministères que dans l’enceinte du Parlement.

S’il est vrai que le Parlement en tant qu’institution s’avère vital pour la survie de la démocratie, il n’en demeure pas moins que son fonctionnement, sa taille, ses attributions précises et les privilèges qu’elle offre devraient faire l’objet de sérieuses réflexions. Sinon ce super-pouvoir qui devrait être un levier du développement et un défenseur de la bonne gouvernance risque de constituer un éternel obstacle au changement.

Kendi Zidor



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