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L’effroi du vide

L’effroi du vide








La panne de gouvernance est totale et nous enfonce encore plus dans le gouffre de l’inaction et de l’impuissance. Chaque jour des pans entiers du pays sont paralysés. Le discours politique, tous secteurs confondus, se fait de plus en plus délirant. L’insécurité a, de toute évidence, de beaux jours devant elle, en dépit des efforts méritoires de la Police nationale pour traquer les bandits où ils se trouvent sur le territoire. Le rôle d’assurer la sécurité des vies et des biens est devenu plus ardu, depuis que quelques mandarins des trois pouvoirs ont décidé de disposer de leurs « soldats » de service. Depuis que les chefs de gangs sont reçus avec honneur dans les villas roses.

Les armes de poing faisaient déjà de nombreuses victimes au sein de la population civile. Il a fallu que des contrebandiers sans scrupules bradent aux plus offrants les équipements lourds de nos services de sécurité. Des sources dignes de foi attestent que notre pays se situerait au carrefour d’une contrebande d’armes automatiques. Des gangs opérant à Santo Domingo ou à Kingston auraient en leur possession des armes ayant appartenu à la PNH. Quand nous savons que notre pays est officiellement sous embargo militaire et que des armes sont livrées au compte-gouttes à nos services de sécurité par quelques pays amis, la disparition de nos armureries de plus d’une cinquantaine fusils d’assaut constitue un grave danger de sécurité nationale.

L’on comprend dès lors pourquoi les bandes armées ont une telle puissance de feu. Nos frontières sont certes poreuses et alimentent toutes les formes de commerce illicite, mais c’est très grave quand on fait le triste constat que le ver est dans le fruit, c’est-à-dire dans les lieux les plus respectables de notre République. Un fusil de type Galil, modèle IWI ACE21, numéro de série 43100915, calibre 5,5 millimètres appartenant à la garde du Palais se retrouve en balade meurtrière dans un bidonville de la zone périurbaine de la capitale. Comment est-ce possible ? Qui nous veut autant de désagréments ? Qui donc nous protégera de nos gardiens ? Une chose est la prolifération de ces armes, une autre est l’expertise de ces bandes armées qui ont une dextérité dans le maniement de ces outils de mort et une mobilité sur le terrain qui impressionne nos experts en sécurité.

L’insécurité multiforme : physique, foncière et alimentaire ne peut qu’augmenter les poches de pauvreté, renforcer la criminalité et servir de repoussoir aux investissements. Les effets pervers de cette situation calamiteuse se font sentir dans la vie quotidienne de chaque Haïtien. Le climat des affaires est lourd de sombres nuages. Le transport des produits agricoles des campagnes vers nos villes est sous la menace constante de détournement par des bandes armées embusquées au détour de nos principales routes nationales.

Toute cette situation ne laisse pas indifférente une population déterminée à vivre en paix sur ce territoire laissé en héritage par nos ancêtres. À Carrefour-Feuilles, à La Saline et à cité Soleil, les gens sortent dans la rue pour réclamer le retour de la loi et la fin de cette saignée criminelle. Aux Gonaïves, une marche des commerçants appuyée par d’autres forces vives de la cité de l’Indépendance a eu lieu pour protester contre la montée de l’insécurité.

Les organisations de droits humains et différents observatoires de la société civile s’activent pour que la lumière soit faite sur le massacre de La Saline. Encore une fois, la justice haïtienne se retrouve au pied du mur. Tout finira par se savoir dans ce cas comme dans d’autres, le crime ne paie pas sur le long terme. Un chef de gang en a piteusement fait récemment l’expérience.

Une bonne nouvelle, malgré tout, l’équipe nationale U-17 s’est qualifiée pour la Coupe du monde après avoir défié les meilleures équipes d’Amérique centrale. Haïti ne veut pas mourir et a toujours rendez-vous avec son destin. Il reste à ses dirigeants au Parlement comme dans l’Exécutif de mettre fin à ce navrant spectacle de politique néfaste.

Roody Edmé



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