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The game is over

The game is over








Le jeu est terminé, mais les joueurs que nous connaissons ne s’en rendent pas compte ou ne le veulent pas tout simplement. Si les indicateurs socio-économiques établis par les spécialistes de divers horizons devaient nous faire dresser les cheveux sur la tête, un simple constat physique ne peut que décréter l’échec total d’un mode de gouvernance pratiqué depuis des décennies. Encore qu’il n’est nul besoin d’aller trop loin, à des centaines de kilomètres au fin fond du pays. Habituellement, même les gouvernements fantoches avaient la décence de faire en sorte que leur environnement immédiat, ce qu’on a coutume d’appeler le centre, soit un modèle, un trompe-l’œil, un mirage, au moins pour donner une idée de grandeur à ces dirigeants. Mais, dès qu’on s’éloigne de ce centre trompe-l’œil, dévoreurs de ressources de la périphérie et de tout l’espace physique sous son contrôle, on découvre alors la misère, le dénuement, l’abandon, le chaos.

Ici, dans un rayon de cinq-cents mètres du centre du pouvoir, il n’y a absolument rien sinon que la crasse et le chaos. On ne s’étonne plus d’un hôpital d’État pitoyable ni d’une caserne de pompier et d’un commissariat de police dans un état plus qu’exécrable. Une place publique devient pratiquement une décharge où l’on n’est même pas capable de faire pousser et d’entretenir un gazon. Tout démontre l’incapacité de penser et de gérer dans ce seul microcosme bien révélateur. Il est logique donc que plus on s’éloigne, plus on constate l’épouvantable réalité. La décentralisation chez nous doit être pensée autrement vu que le centre ici est ce qu’il est. Nos dits beaux quartiers ne sont que des bidonvilles de luxe. Pourquoi alors s’étonner de l’état de nos écoles nationales ?

Le jeu se termine avec le compte à rebours enclenché par l’agonie accélérée de la gourde. L’effritement du pouvoir d’achat de la population, du moins de la partie qui pouvait prétendre en disposer, va bientôt atteindre le plancher ce qui ne pourra que déclencher révolte et émeutes. Les joueurs que nous connaissons vont essayer de continuer une partie perdue, imaginer toutes sortes de stratégies absurdes pour rester à une table qui se vide de tout. Le fait que tous ces ministres ayant essuyé un vote de non-confiance soient remis en selle ne fait que confirmer cette plongée dans une folie qui ne peut provoquer qu’une explosion sociale.

Le National fête ses quatre ans d’existence. Quatre ans que nous sonnons l’alarme, que nous recommandons à tous les acteurs de la scène politique de penser les intérêts de la Nation, de cesser ces luttes absurdes qui nous ne sont que des boulets à nos pieds. Pendant ces quatre ans, nous avons souhaité que les responsables politiques prennent de la hauteur, qu’ils comprennent que nous avons atteint presque le point de non-retour. Nous avons eu l’impression malheureusement que nos conseils n’ont pas été entendus. Nous aurions dû prouver avec le désengagement des Nations unies que nous étions capables de nous attaquer à des dossiers prioritaires comme ceux de la sécurité et de la justice. Mais l’avenir, avec toutes ces armes qui se promènent dans la nature malgré tous ces programmes de désarmement, se fait très sombre.

Le National, après ces quatre années au service de la collectivité, promet d’être encore plus proche des rêves de la Nation. Que des esprits éclairés se préparent à entamer une autre partie, avec comme seul objectif, la victoire non pas pour une minorité, mais pour cette majorité souffrante qui veut le bonheur de la patrie.

Gary Victor



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