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Rebondissements

Rebondissements








Pendant que la ville des Gonaïves manifestait contre l’insécurité grandissante, le journal Le National soufflait sa quatrième bougie, le mercredi 15 mai. Dans le métier d’informer, les occasions ne sont ni tristes ni joyeuses. Elles doivent uniquement valoir la peine d’être relatées. En Haïti, où les évènements défient les imaginations les plus fertiles, la diversité des sources d’informations ne peut être qu’un atout pour l’opinion publique.

Le besoin de s’informer est plus urgent dans une communauté où les conjonctures sont aussi instables que celles d’Haïti. Du citoyen lambda au plus lettré, la curiosité est plus vive quand ce sont les bagarres consécutives au Parlement qui chassent les gros titres sur l’insécurité. On croise les doigts face à une imminente apocalypse. Et, la presse est là pour renseigner sur la situation et aider la nation à toujours regarder vers l’avant, peu importe les circonstances. C’est là l’une des missions auxquelles se dédie notre Rédaction.

Si Haïti était un patient, ce serait un cas compliqué tant par la gravité de ses maux que par son refus de suivre le protocole de traitement approprié à sa maladie. Alors que tous les indicateurs révèlent que la nation avance vers une zone dangereuse, les décideurs persistent à s’écarter du chemin de la bonne gouvernance. Une formalité banale risque, chez nous, de devenir une énigme à résoudre. De même que deux chambres peuvent se disputer une interpellation, une séance de ratification peut se compliquer jusqu’à transformer le Parlement en un cirque où la vulgarité, les uppercuts et les coups de pieds remplacent les arguments.

Les adversaires des « Tèt Kale » ne rateront pas l’occasion de dire que la date du 14 mai est porteuse de malheur pour Haïti. Certes, il est difficile d’évaluer la vitesse de la déchéance de la classe politique. Mais, il semble évident qu’entre le 14 mai 2011 et le 14 mai 2019, le pays a accompli un nouvel itinéraire dans sa course vers la catastrophe. L’arrivée au Palais national de Michel Martelly a apparemment ouvert la voie à une classe d’hommes politiques insolites. La séance de mardi soir prouve que le Palais législatif est occupé par des imposteurs qui, n’ayant pas la moindre idée de la fonction et du protocole parlementaires, se contentent de compter leurs petits gains personnels sans pouvoir faire semblant de connaitre leurs attributions.

Les échanges peu courtois et les bagarres ne sont pas nouveaux dans les Parlements du monde. En Turquie ou en Russie, on a déjà assisté à des scènes pareilles à celle offerte par Joseph Lambert quand il s’est affalé sur son collègue Ricard Pierre. Les coups de poing entre Evalière Beauplan et Jean Rigaud Bélizaire sont également un incident dont on pourrait rire tout simplement. Le plus désolant est, par contre, l’absence de l’intérêt général de tout cela.

D’un côté comme de l’autre, les sénateurs ne défendent que des intérêts particuliers. Pour protéger les avantages que leur promet le prochain gouvernement, les partisans de Lapin ne se sont pas gênés de violer le prestige attaché au corps législatif. Leurs adversaires, jaloux, n’en faisaient pas moins. Le butin se sépare en plein jour. Ce tournant est désastreux, mais il faut croire que les rebondissements peuvent, un jour, se révéler profitables au pays. Car, quand les acteurs franchissent toutes les limites, les systèmes se réinventent inévitablement.

Kendi Zidor



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