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Pour le pays !

Pour le pays !








Le plus simplement du monde et comme d’habitude, cette semaine s’achèvera sur un sursaut patriotique. Pour toutes les communautés haïtiennes du pays et de la diaspora, ce sera l’occasion de pavoiser les balcons, de faire flotter les fanions, d’arborer partout le bicolore, de vendre au plus offrant leur passion soudaine pour un pays. Du moins, pour son symbole qui suscite la meilleure des adhésions.

À Miami, les petits Haïtiens d’origine iront à la piscine en costumes de bain floqués des couleurs et des armoiries de la République d’Haïti et se raconteront leur avenir en anglais. À Genève, à Paris, à Montréal, le décor est déjà planté pour des manifestations qui permettront d’afficher avec ostentation les valeurs d’Haïti et de rendre un hommage aux héros de l’indépendance haïtienne. En Haïti, tous les sites patrimoniaux accessibles seront investis par les plaisanciers qui vont chercher l’amour du pays dans un verre de tranpe, sur une note de rabòday et dans les bras de la dernière conquête. Et, si l’argent est débloqué, chaque commune aura droit à sa parade patronnée par le maire, le député ou le sénateur.

Quelques avisés et empêcheurs de tourner en rond commenteront les plis de complets blancs portés par les officiels, les sites historiques à l’abandon, la dangerosité des « school bus » bondés d’enfants qui font l’apprentissage difficile d’aimer un pays, malgré tout.

Le 18 mai. La fête du Drapeau est bonne à prendre. Encore plus cette année. En début de semaine, la logique belliqueuse, qu’on n’espérait pas en des moments aussi délicats dans le pays, a pris le dessus sur l’exigence de doter le pays d’un nouveau gouvernement. Le pays a assisté à un basculement de la raison sans essayer de savoir qui d’un camp ou de l’autre était de mauvaise foi.

Toutefois, on ignore le poids sur la conjoncture et les effets futurs de ce clivage malhabilement exprimé. Il ne fait aucun doute que le cycle de dialogues n’a pas pu composer avec l’ensemble des sensibilités pour ouvrir la voie à un compromis utile à tous les Haïtiens.

À la veille de la fête du drapeau, avant le grand pique-nique de l’Arcahaie et de l’Haitian compas festival, la République entière espère un tour de piste des responsables portés par la ferme volonté d’apporter des solutions aux grands défis sociaux et économiques de l’heure. Les ambigüités entre groupes minoritaire et majoritaire d’un Parlement décrié, à tort ou à raison, ne profitent pas encore au peuple. En effet, les Haïtiens méritent mieux. La trêve de la fête du drapeau tombe à pic. Débats et pugilats attendront la semaine prochaine.

Le drapeau haïtien, plus qu’un symbole, est un trait d’union de circonstance. Bonne fête du drapeau !

Jean-Euphèle Milcé



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