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Kite peyi a mache

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C’est le slogan de ceux qui veulent rester dans un semblant de confort qui n’est qu’un mirage suicidaire. Mais, leur acharnement à répéter ce slogan en privé ou sur les réseaux sociaux laisse entrevoir une peur, un doute, car l’amour du pays qu’ils prétendent avoir n’est que la défense d’une position, d’un job qui leur permet soit de mener la belle vie, soit tout simplement de garder la tête hors de l’eau ce qui peut être suffisant pour les paresseux ou les débiles mentaux.

Ce slogan renvoie aussi au désir de toute une classe politique au pouvoir de s’enfermer dans ses pratiques trompe-l’œil, ses manipulations à l’emporte-pièce, son refus de s’attaquer aux vrais problèmes de la nation ce qui signifierait de réduire de manière significative les ressources qui devraient servir uniquement à l’enrichissement d’une nomenklatura kokoratiste. Il faut laisser les choses telles qu’elles sont, surtout qu’on croit que le peuple, englué souvent dans son fatras religieux, laissera la terre aux élus pour rêver de sa récompense dans un hypothétique paradis.

Aussi, dès qu’une brèche se produit dans cette résilience si malhonnêtement vantée par les étrangers complices, comme en juin ou en février, on voit des complots partout. Le pays marche si bien qu’il faut vraiment comploter pour mettre les insatisfaits dans les rues. Quand une mairesse aussi, signe des temps, à l’occasion de la Fête de drapeau à l’Arcahaie, dit ses quatre vérités, non seulement au président de la République, mais aussi à la société civile, à l’opposition et même à la presse, on hurle au crime de lèse-majesté. On ne parle pas ainsi à un président. Mais, on ne dit pas aussi qu’on ne ment pas ainsi à une nation. On ne traîne pas ainsi une nation dans la boue. On n’affame pas ainsi une nation.

Kite peyi a mache ! Mais, il continue à marcher sur le pays. C’est ce qu’ils veulent. D’ailleurs la plupart des ministres ont été reconduits, ce qui est la preuve qu’ils ont bien travaillé et qu’ils ont bien mérité du pays. On peut critiquer avec raison la manière de faire des quelques sénateurs de l’opposition, mais quand un pouvoir prend la nation pour des canards sauvages, on risque de brasser du vide avec les concepts coutumiers.

La gourde continue à se dégrader. Les prix des produits de première nécessité augmentent. Silence complet de ceux qui dirigent. Peut-être se rendent-ils comptent qu’ils ne dirigent rien. L’avantage de la démocratie pour des bandits, c’est qu’elle vous donne un mandat qui vous permet d’avoir même le soutien de la communauté internationale. Et, une fois au pouvoir on a aussi tous les moyens, surtout criminels, pour partir avec une longueur d’avance sur ses concurrents à la prochaine élection.

Kite peyi a mache. Ce slogan s’adresse bien sûr aux citoyens qui en ont assez de cette bêtise institutionnalisée. Mais, les choses aussi ont leurs mots à dire et là les stratégies habituelles sont inopérantes. La dégradation de l’espace physique peut tout broyer, tout engloutir à la moindre menace qui devient réelle.

Kite peyi a mache ! Men li menm tou li ka pase sou nou !

Gary Victor



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